Le désaccord n’est pas aussi simple qu’il pourrait paraître. Une soixantaine de salariés – sur les 108 que compte la Société monégasque de l’Électricité et du Gaz (Smeg) – était en grève ce mercredi. Dès 8h, les grévistes ont fait entendre leurs voix sur le parvis du stade Louis-II, rejoints un peu plus tard par le PDG de la Smeg, Thomas Battaglione, venu échanger avec les salariés.
Une augmentation des salaires rétroactive
C’est la principale réclamation des salariés – qui a fait l’objet de discussions de plus d’une heure et demie. « On en arrive à un point où on fait le constat en groupe que, malgré toutes les mesures mises en œuvre, il reste un manque par rapport à la réalité de l’augmentation du coût de la vie, constateGrégory Fleck, secrétaire général du syndicat de la Smeg. On a saisi notre direction de mettre en place des mesures complémentaires. Elle nous a répondu que, au vu de leurs calculs, ce qui est mis en place était suffisant. » Insuffisant car l’augmentation collective – hormis les primes individuelles – se situe entre 5,5 et 7,9% du salaire brut, alors que les syndicats, eux, réclament 9,2% sur l’année 2023.
La direction « toujours ouverte au dialogue »
De son côté, la direction, menée par le PDG Thomas Battaglione, joue la carte de l’apaisement… « C’étaient des échanges très constructifs, apaisés, contrairement à ce que le communiqué (de la veille, NDLR) pouvait laisser entendre. Le point important c’est que la direction de la Smeg au sens large est toujours ouverte au dialogue. On a eu énormément de réunions de travail avec les délégués syndicaux concernant les mesures salariales. On est évidemment très sensibles à l’inflation et au contexte économique. C’est la raison pour laquelle je leur ai dit qu’on était totalement ouverts aux discussions. » Et se défend dans un deuxième temps dans un communiqué publié dans l’après-midi. « Les mesures collectives proposées par la SMEG sur la période du 1er janvier 2022 au 1er janvier 2024, couvrent à elles seules l’inflation calculée par l’INSEE sur cette même période. Toujours sur cette période, la société précise qu’une enveloppe complémentaire d’un montant équivalent à celui des mesures collectives a été allouée aux mesures individuelles, comme l’ancienneté, les primes diverses et avancements. »
De « petites avancées » mais la grève reconduite
Après de nouvelles discussions dans l’après-midi entre les principaux intéressés, la nouvelle est tombée aux alentours de 17h: les grévistes ont décidé de reconduire leur mouvement de grève pour la journée de jeudi. Et ce, en dépit de « petites avancées » comme le rehaussement du seuil d’embauche qui était devenu « trop bas » du fait de la revalorisation élevée du Smic. Problème, ce rehaussement provoque la colère de certains qui, après plusieurs années passées dans la boîte, se retrouvent avec le même salaire que les nouveaux arrivants. La proposition a été faite de rehausser la totalité de la grille salariale. Proposition refusée, qui reste donc en suspend. Ces nœuds feront sans doute l’objet de discussions dans les prochains jours, affaire à suivre…
Parallèlement à ces négociations, qui concernent rétroactivement 2023, se tiennent les échanges autour de 2024. Car chaque année, la branche des Industries électriques et gazières (IEG) en France, dont dépend la Smeg, sort ses recommandations de mise à niveau salariale. Recommandations que la direction se doit de suivre a minima. Un niveau jugé plus que satisfaisant pour Grégory Fleck puisque le salaire national de base – commun à tous les salariés – sera augmenté de 2%, là où le taux dans un contexte d’inflation dit « classique » est de l’ordre de 0,3 à 0,4%. Problème, les salariés grévistes reprochent à la direction de ne pas avoir été assez transparente sur ses intentions, lui demandant de « communiquer un peu plus sur ce qui allait arriver ».
Ce qui devait être le cas lors d’une réunion prévue ce mardi après-midi par la direction qui devait annoncer les taux pour 2024. Seulement l’action de grève a été déposée dès vendredi par les salariés qui reconnaissent un « problème de timing ». De son côté, la direction a avoué être « un peu surprise par le calendrier ».
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