Le futur conseil présidentiel haïtien, qui prendra le relais du Premier ministre démissionnaire Ariel Henry, a publié mercredi soir son premier communiqué. Il s’y engage à restaurer « l’ordre public et démocratique » en nommant, « dès son installation », un ou une Première ministre avec qui un gouvernement d’union nationale sera formé. Pendant ce temps, malgré la peur des habitants à Port-au-Prince, la situation sécuritaire s’améliore peu à peu. À Pétion-Ville, les activités reprennent progressivement.
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Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Marie André Bélange
Dans l’une des rues de Pétion-Ville, en Haïti, des marchands de vêtements, de fruits, de nourriture s’alignent sur le trottoir alors que des conducteurs de taxis motos essayent de se frayer un chemin au milieu des véhicules et des habituels embouteillages. Mais la peur et l’inquiétude sont toujours visibles sur le visage des passants.
Devant les banques, les habitants font la queue car depuis les assauts répétés des bandits armés au centre-ville de Port-au-Prince, la majorité d’entre elles qui fonctionnent encore se trouve à Pétion-Ville. Des rabatteurs qui invitent à prendre le bus, des marchands qui offrent des boissons dans les transports : tout y était ce mardi. La commune de Pétion-Ville reste assez vivante, contrairement à Port-au-Prince où les activités peinent encore à reprendre normalement.
« J’ai l’impression que le pays est en guerre »
Dans la capitale, les Haïtiens redéfinissent leur mode de vie. Certaines entreprises telles que des supermarchés ou des pharmacies ne fonctionnent désormais plus qu’une partie de la journée. Après 15h, les véhicules et les personnes dans les rues se font rare et les fins de soirée deviennent totalement silencieuses. Le son des concerts ou des expositions a été remplacé par celui des hélicoptères qui survolent Port-au-Prince.
Les rencontres de l’Institut français en Haïti se sont par exemple totalement arrêtées, l’institut ayant été contraint de fermer ses portes à cause de la situation sécuritaire. « Je n’aime pas le bruit de ces hélicoptères. J’ai l’impression que le pays est en guerre. J’ai peur », confie une esthéticienne rencontrée dans un salon de beauté à Port-au-Prince.
En attendant de nouvelles élections, le Conseil présidentiel s’est engagé, dans son premier communiqué, à conduire la transition vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel, à soulager la souffrance du peuple haïtien et à réaliser des élections libres ainsi que des réformes nécessaires pour le progrès d’Haïti.
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