« Vendredi 10 novembre, à 11 h 30, je me rendais dans ma réserve et j’ai appuyé sur l’interrupteur pour éclairer la pièce. D’un coup, j’ai vu un éclair de lumière et j’ai senti l’électricité traverser mon corps. Je me suis retrouvée projetée à terre, à moitié dans les vapes », raconte fébrilement Chafia Amari, gérante du Bar des Sports, à Plonéis.
« J’ai eu très peur. Après avoir repris mes esprits, j’ai tout de suite appelé les pompiers. Ils ont vu dans quel état étaient mon bar et mon logement attenant ». Depuis la tempête Ciaran, dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 novembre, le toit de la réserve a perdu plusieurs tôles. « J’ai prévenu la mairie, qui est propriétaire de mon local commercial et de mon habitation, depuis un an. Mais rien n’est fait ».
Les pompiers, présents vendredi chez la gérante, ont posé une bâche de fortune. Un pansement sur une jambe de bois vu l’étendue des problèmes de vétusté du bâtiment datant de 1957. « Au niveau électrique, plus rien n’est aux normes. L’eau s’infiltre partout jusque dans les prises électriques. Trois fenêtres de toit sont brisées. Les vieux chauffages ont grillé les uns après les autres. J’ai dû les enlever car ils auraient pu prendre feu », énumère la gérante, qui n’a plus de moyen de chauffage depuis l’hiver 2022.
« J’ai aussi fait venir un agent d’Enedis qui m’a mise en garde : il y a danger de mort par électrocution », lâche Chafia, encore sous le choc. Si la tempête a largement aggravé les choses, cette situation ne date pas d’hier. Cette décharge électrique, c’est la goutte de trop. « Quand je pense que ça aurait pu être ma fille de 13 ans à ma place. Vu son petit gabarit, ça aurait pu être très grave », s’effondre la maman de quatre enfants.
« Je vais porter plainte contre la mairie »
La mère de famille ne compte plus les expertises et démarches entreprises pour retrouver des conditions de vie saines et sécurisantes pour elle et ses enfants. Elle a aussi assigné en justice ses anciens bailleurs ainsi que la mairie (nouveau bailleur) pour qu’ils réalisent les travaux nécessaires. Mais rien ne bouge. « Je suis usée moralement et physiquement. Je vais porter plainte contre la mairie de Plonéis pour mise en danger de la vie d’autrui », annonce-t-elle, à bout.
« Je voudrais pouvoir à nouveau travailler normalement ! J’ai des factures à payer. Mes clients retraités, je les ai perdus. Ils ont peur. Les soirées poker, les concerts, les snacks, c’est terminé ». Même l’enseigne lumineuse du bar a été brisée par la tempête. « Je n’ai même plus de visibilité ».
Quelques clients continuent à venir, par solidarité, quand elle ouvre, chaque jour, entre 17 h 30 et 21 h. « Je sers ce que je peux. Depuis un an, je ne peux même plus faire de café. La machine fait tout disjoncter ». « On me pousse vers la sortie. Ils attendent que je parte, mais pour aller où ? », s’interroge Chafia Amari, retenant ses larmes.
Ce lundi 13 novembre, nous avons tenté de joindre le maire de Plonéis qui n’a pas donné suite à nos sollicitations.
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