A RELIRE EMBARGO 13h Les émissions de la France ont baissé mais ce n’est pas grâce aux transports

La France poursuit sa baisse des émissions de gaz à effet de serre : -4,6% sur les neuf premiers mois de l’année, avec de bons résultats dans l’industrie notamment.
Le secteur à la traîne est celui des transports, dont les émissions ont baissé seulement de 1,8% sur cette même période.
Des chiffres qui s’expliquent surtout par le secteur aérien : +21% des émissions de gaz à effet de serre liées aux vols domestiques et +27% pour les vols internationaux.

La baisse des émissions de gaz à effet de serre en France se confirme : -4,6% sur les neuf premiers mois de 2023 (par rapport à la même période en 2022), confirme mardi le Citepa (Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique). Une baisse annoncée la semaine dernière dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale par la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

Selon les données du Citepa, c’est d’abord l’industrie qui contribue le plus à cette baisse (-9,3%), devant la production d’énergie (-9,4%) et les bâtiments (-7,5%). Le secteur des transports est celui qui obtient les moins résultats, avec une baisse de seulement 1,8% en neuf mois.

Dans le détail, pour le secteur des bâtiments, c’est d’abord la sobriété énergétique qui permet cette baisse, avec des efforts faits par les Français depuis fin 2022 sur le chauffage. « En septembre 2023, en particulier, les émissions de ce secteur ont été réduites de 32% par rapport à septembre 2022« , précise le Citepa.

Une baisse liée à la sobriété et à la réouverture des centrales

C’est la même raison qui conduit à la baisse observée dans le secteur industriel : la crise énergétique en 2023 a largement contribué à la baisse : jusqu’à -18% pour les émissions de la métallurgie des métaux ferreux entre le troisième trimestre 2023 et les trois premiers trimestres 2022.

Pour la production d’énergie, « l’évolution des émissions d’énergie est liée en particulier au niveau de disponibilité des moyens de production électrique décarbonés, notamment les centrales nucléaires et hydroélectriques« , note le Citepa. La remise en service progressive de centrales nucléaires, en maintenance en 2022, a permis de basculer la production sur le nucléaire. 

+21% des émissions de gaz à effet de serre liées aux vols domestiques

Le secteur des transports reste le mauvais élève, après une baisse importante en 2020 pendant le Covid (-15%) puis un rebond de +12% en 2021, et +2% en 2022. La bonne nouvelle est que ce rebond s’essouffle : avec une baisse de 2,7% entre les trois premiers trimestres 2022 et ceux de 2023. 

Mais le rebond du secteur aérien, lui, se poursuit : +21% des émissions de gaz à effet de serre liées aux vols domestiques sur les neuf premiers mois 2023 par rapport aux neuf premiers mois 2022 ; et une hausse de 27% pour les vols internationaux.

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Deux éléments manquent pour compléter ce tableau : une évaluation précise de l’évolution des émissions dans l’agriculture et celle des puits de carbone. « Ces dernières années, les émissions de GES de ce secteur ont baissé en moyenne de -1,5% par an, principalement en lien avec le recul du cheptel bovin. De même, l’évolution des puits de carbone est difficile à pré-estimer, note ainsi le Citepa. Ces dernières années, le puits de carbone a connu une diminution, notamment du fait d’une fragilisation des forêts françaises. »

Par ailleurs, ces chiffres ne concernent que les émissions territoriales, sans prendre en compte les émissions induites par la consommation en France, de produits fabriqués en France et à l’étranger. Les prochaines données sont attendues en avril 2024, avec une estimation sur l’ensemble de l’année 2023.


Marianne ENAULT

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