Une « référence nationale ». C’est ainsi que le colonel Emmanuel Sommier a présenté la base aérienne 273 (BA 273) qu’il dirige, aux portes de Romorantin, lors de ses vœux jeudi 25 janvier 2024. Employant 450 personnes, elle est particulièrement une référence dans les domaines de la logistique, de la maintenance et de la documentation technique concernant les avions et les aéronefs de l’armée de l’Air et de l’Espace (1). Autant de savoir-faire fortement mis à contribution dans les dernières semaines de 2023, à la suite d’une décision du président de la République : le retrait de l’ensemble des soldats français déployés au Niger.
Annoncé le 24 septembre, le départ de l’ensemble des troupes devait impérativement s’achever avant Noël. Quelques semaines, donc : un véritable défi, notamment logistique. « Un départ en temps record en grande partie grâce à la base de Romorantin », a commenté le colonel Sommier. À partir du 6 novembre et en l’espace de six semaines, plus de 150 tonnes de matériels ont transité la base arienne solognote. En plus du fonctionnement normal du groupe entrepôt des matériels en approvisionnement qui fêtera ses 80 ans le 17 avril.
« Notre rôle a été fondamental »
Une équipe dédiée d’une quinzaine de personnes a été formée pour assurer la réussite de cette mission. « Notre rôle a été fondamental », a souligné le colonel Sommier. Le matériel en provenance du Niger – et plus particulièrement de la base aérienne de sa capitale Niamey – est arrivé en France via les bases aériennes d’Istres (Bouches-du-Rhône), d’Évreux (Eure) et d’Orléans. Sauf que ces bases n’ont pas les capacités de stockage suffisantes pour accueillir tant de matériel. Au contraire de celle de Romorantin, avec ses 36 hangars, qui a permis de les désengorger.
Des drones, du matériel de bureau…
Le matériel a été acheminé sur la BA 273, unique entrepôt de l’armée de l’air, par la route, y compris grâce aux moyens routiers dont dispose la base. Un matériel très varié. « Des drones démontés conditionnés dans des caisses avec leurs pièces de rechange mais aussi du mobilier de bureau, des groupes électrogènes… », détaille le colonel Sommier à la NR.
Le Groupe entrepôt des matériels en approvisionnement (ici en 2022) de la base aérienne de Romorantin a servi d’appui logistique arrière au désengagement de l’armée française au Niger.
© Archives NR
Puis tout ce matériel est reparti vers les régiments auxquels il appartient ou encore vers d’autres bases aériennes. « On est bien vu l’intérêt de la base de Romorantin, au centre de la France, reprend le colonel. On a permis de faire tampon. » Mais attention : ce ne fut pas qu’un morceau de bravoure logistique accompli dans un temps très réduit. Une fois, arrivé à Romorantin, le matériel a été contrôlé : vérification que la documentation technique qui l’accompagne a été mise à jour, actualisation de l’état du matériel…
L’essentiel du matériel a été réacheminé. Mais, comme le précise le colonel Sommier à la NR, il reste encore sur la base de Romorantin « quelques éléments en attente de départ vers d’autres [terrains] en Afrique, notamment vers N’Djaména ou Abidjan », la capitale du Tchad et la plus grosse ville de Côte d’Ivoire.
(1) Sans oublier évidemment l’escadron d’instruction au vol à voile qui a fêté ses 50 ans en 2023.
Le colonel Emmanuel Sommier partira cet été
> Départ. Le colonel Emmanuel Sommier quittera ses fonctions à la tête de la base aérienne de Romorantin dans le courant de l’été : il sera alors appelé à d’autres fonctions, qu’il ne connaît pas encore.
> JO. En 2024, la base aérienne de Romorantin participera à « la sécurisation des Jeux olympiques », a annoncé le colonel Emmanuel Sommier lors de ses vœux.
> Environnement. Le 14 mai 2024, la BA 273 accueillera le séminaire développement durable national de l’armée de l’Air et de l’Espace. À l’ordre du jour : avion électrique, hydrogène, projets photovoltaïques sur les bases aériennes…
> Au total, en 2023, les moyens de transport de la BA 273 ont dépassé les 4 millions de kilomètres. C’est 38 % de plus que l’année précédente.
> L’escadron d’instruction au vol à voile a assuré « plus de 4.000 heures de vol, dont les trois quarts sont décarbonés », a précisé le colonel Emmanuel Sommier.
> La base se veut « tournée vers l’extérieur et notamment la jeunesse », a souligné le colonel : accueil de davantage de stagiaires de 3e, partenariats avec plusieurs établissements scolaires publics et privés.
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