Publié le 20 avr. 2023 à 15:07
Bpifrance a acquis un savoir-faire dans l’accompagnement des PME et ETI, à travers ses accélérateurs sectoriels, territoriaux et thématiques, qui permettent aux dirigeants de chaque promotion de bénéficier d’un programme de plusieurs mois pour renforcer leur croissance, développer une activité, conquérir un nouveau marché ou muscler leur présence à l’international, tout en cultivant leur réseau. Depuis 2021, l’Afrique subsaharienne fait l’objet d’un accélérateur dédié, fruit d’un partenariat avec Business France dans le cadre de la Team France Export (rassemblement de toutes les solutions publiques pour faire gagner les entreprises françaises à l’international), qui s’adresse aux entreprises de tous secteurs porteuses d’un projet ambitieux sur la zone.
Ce programme soutenu de douze mois repose sur trois piliers (Conseil sur mesure, Formation et Mise en relation/networking lors de missions sur zone collective et individuelle) et doit les amener à définir leur stratégie sur le continent et leurs marchés cibles, à saisir les opportunités commerciales, rencontrer leurs pairs et l’écosystème local grâce à des missions collectives etr individuelles organisées sur place. Fabien Delanaud, dirigeant de Myriad Connect, une entreprise de la Tech très implantée en Afrique, a participé à la première édition lancée en 2021 lors de l’événement Inspire & Connect à Abidjan. Ce rendez-vous business et festif construit sur le modèle de Big (Bpifrance Inno Génération) permet aux entreprises et aux acteurs économiques français et africains de se rencontrer, de nouer des contacts ou d’initier des partenariats.
Les codes USSD, le sésame pour l’inclusion financière
Myriad Connect a profité de la libéralisation du marché des codes USSD, technologie qu’elle maîtrise parfaitement, pour pousser ses pions sur le continent. Ce canal de communication qui fait partie du Global System of Mobile (GSM) a la particularité de pouvoir fournir à son utilisateur des services digitaux et des solutions de paiement innovantes sans passer par internet et sans nécessiter un smartphone, partout, dans les métropoles comme dans les zones rurales. Avec seulement 40 % de la population africaine connectée à internet, et la généralisation du paiement par mobile ou par crédit téléphonique dans la plupart des Etats, elle représente un outil d’inclusion économique vital. « Avec l’USSD, il suffit d’une carte sim pour se connecter à des services digitaux ou financiers », explique Fabien Delanaud, le dirigeant de la société. « Nous travaillons sur cette technologie depuis une vingtaine d’années avec les opérateurs de télécommunication auxquels nous fournissons l’infrastructure. Aujourd’hui, nous apportons cette technologie aux entreprises pour leur permettre de correspondre avec leurs utilisateurs, y compris lorsqu’ils n’ont pas accès à internet. Nous essayons d’être le relai entre le monde des entreprises et celui des opérateurs, de faciliter l’accès à ces technologies aux premières et d’aider les seconds à opérer de nouveaux marchés ».
70 % du chiffre d’affaires de Myriad Connect sont réalisés sur le continent, en particulier en Afrique subsaharienne et francophone. En 2020, l’entreprise a d’ailleurs ouvert une filiale à Dakar, qui compte aujourd’hui 25 collaborateurs, ce qui a boosté sa présence sur le continent en lui permettant d’être plus près de ses clients et de comprendre les besoins du terrain. Depuis la rentrée 2022, elle s’est installée en Côte d’Ivoire, en RDC et au Cameroun. « Intégrer l’Accélérateur Afrique de Bpifrance a été un moteur pour s’y établir », fait valoir le dirigeant, qui se projette déjà sur d’autres territoires, comme le Niger et le Burkina Faso. « Cela nous permet d’accélérer le business localement mais aussi de renforcer l’organisation de l’entreprise, grâce aux conseils de notre consultant dédié qui nous a accompagné sur le sujet du commercial à l’export. Après avoir réalisé une analyse de nos équipes et de nos clients à Abidjan, démarché des entreprises qui ne travaillent pas avec nous pour en connaître la raison, il nous a livré un diagnostic et une méthode de formation pour aider nos salariés sur place à animer une équipe et à créer des relations solides avec les clients. »
L’Accélérateur Afrique met aussi l’accent sur le relationnel, non seulement entre les dirigeants de la même promotion mais aussi entre les entreprises d’ici et les acteurs de là-bas. « C’est l’un des atouts de l’Accélérateur que de permettre d’échanger avec des dirigeants dont certains ont la solution à votre problème immédiat ou qui vous apportent une connaissance simplifiée de tel ou tel pays. Nous nous sommes ainsi rendus compte que nous avions des façons de travailler, des contacts, des clients à partager, que nous pouvions nous aider mutuellement. Je suis maintenant très serein pour envisager d’autres implantations sur le continent », conclut Fabien Delanaud qui a également endossé le rôle de parrain de la deuxième promotion, lancée à Casablanca l’été dernier, et qui intégrait parmi la vingtaine d’entreprises sélectionnées par Bpifrance, la société YouScribe.
Le livre numérique séduit un large public en Afrique
YouScribe propose un catalogue riche d’un million de contenus numériques disponibles sur téléphone portable, des ebooks et livres audios, de la littérature jeunesse, de la BD, de la presse, des documents pédagogiques, auxquels s’ajoutent depuis peu des podcasts. La société totalise à ce jour 1,2 million d’abonnés, dont 95 % sont en Afrique. « C’est là que l’association entre le livre et le numérique trouve tout son sens, dans des pays où les bibliothèques et les librairies restent rares et les livres chers. Nous avons commencé à construire une offre éditoriale riche et adaptée aux lecteurs francophones, en travaillant avec de grands éditeurs français comme le groupe Editis, mais aussi, et de plus en plus, d’éditeurs africains qui comme leurs lecteurs sont concernés par des problématiques prégnantes de diffusion des titres », raconte Anne-Sophie Steinlein, COO de YouScribe. La société propose également des ouvrages en anglais et en arabe, dans l’objectif de toucher les pays anglophones à court terme, à commencer par l’Afrique du Sud et le Nigéria. « C’est justement l’un des axes que nous avons travaillé lors de l’Accélérateur de Bpifrance », précise la dirigeante, qui ajoute : « En atteignant notre premier million d’abonnés, qui couronnait en quelque sorte notre stratégie, la question du passage de la startup à la scale-up s’est posée. C’est dans le cadre de ce changement de modèle que nous avons souhaité être accompagnés afin de structurer nos équipes pour soutenir notre montée en puissance, et répondre à des questions très concrètes comme celle relatives au « mobile money » qui se déploie fortement, à l’organisation des forces commerciales, aux pays à favoriser stratégiquement et aux partenariats à mettre en place, notamment avec les gros opérateurs mobile et les jeunes acteurs locaux de la fintech qui se lancent dans le mobile money. C’est un modèle différent du paiement par sms que nous proposons actuellement, et dont nous devons nous saisir, accompagnés par notre partenaire historique Digital Virgo, et intégrer à notre offre. »

Anne-Sophie Steinlein, COO de YouScribe©YouScribe
L’Accélérateur a permis de fixer tous les objectifs de YouScribe à trois ans, qui espère atteindre les 2 millions d’abonnés à la fin de l’année. « Nous avons aussi des projets immédiats en Algérie où l’on pense retrouver les composantes qui font notre succès au Maroc, l’un de nos meilleurs marchés actuellement : une jeunesse qui a soif d’apprendre et qui montre une très forte appétence pour la lecture, une structuration de la chaine du livre compliquée, des problématiques d’import, d‘export, de circulation, de prix. On y retrouve tous les ingrédients de la recette YouScribe, et d’ailleurs, une mission sur place se prépare spécifiquement pour nous avec Bpifrance. Parallèlement, nous multiplions les projets avec des opérateurs pour rendre accessible notre offre au plus grand nombre, avec le bon paiement et le bon prix. L’axe de l’éducation enfin doit nous amener à travailler de plus en plus avec les écoles et les universités qui n’ont pas la possibilité de mettre en place des bibliothèques pour leurs élèves, en leur proposant une solution numérique plus facile à implémenter et plus intéressante économiquement. »
Si vous souhaitez en savoir d’avantage sur l’Accélérateur Afrique de Bpifrance, inscrivez vous au prochain webinaire : Bpifrance & Business France : Présentation de l’Accélérateur Afrique 3 | Bpifrance (livestorim.co)
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