Accès à la pornographie en ligne: les blocages pour jeunes existent, mais peuvent être contournés, selon des experts
Plusieurs technologies existent pour bloquer l’accès des jeunes à la pornographie en ligne, comme le veut le projet de loi S-210 actuellement étudié à Ottawa. Le hic, selon des experts, c’est qu’elles sont relativement faciles à contourner, même pour des enfants.
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Le projet de loi de la sénatrice indépendante Julie Miville-Dechêne ne propose pas aux élus de système précis à mettre en place. On demande simplement que la technologie soit fiable, assure le respect de la vie privée des utilisateurs et «respecte les pratiques exemplaires dans les domaines de la vérification de l’âge et de la protection de la vie privée».
«C’est normal de ne pas en favoriser l’un plus que l’autre à ce stade-ci», note l’expert en cybersécurité et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke Steve Waterhouse, puisqu’une myriade d’options s’offre au gouvernement s’il va de l’avant avec ce projet.
L’identification avec une carte de crédit et la vérification active avec des pièces d’identité sont d’abord évoquées par M. Waterhouse.
«La biométrie sur les téléphones intelligents est aussi une mécanique possible, mais ça lancerait un autre débat: à quel âge commence-t-on à être enregistré dans des systèmes comme ça?», nuance-t-il.
Photo courtoisie
En Louisiane, où la loi bloque maintenant l’accès des sites pornos aux mineurs, c’est une entreprise indépendante qui vérifie l’identité des internautes au moyen d’une pièce d’identité délivrée par l’État.
«C’est le système le plus direct, mais on n’est pas anonyme, prévient toutefois le professeur au département de génie informatique et logiciel de Polytechnique Montréal, Frédéric Cuppens. Le tiers parti peut voir la liste des clients qui demandent de valider l’identité, dont les sites pour adultes.»
Un jeu d’enfant à contourner
Les deux experts s’entendent également pour dire que la solution choisie ne sera pas infaillible et que «les solutions magiques» n’existent pas.
En tête de liste des moyens de contournement, un VPN peut permettre aux internautes de changer la localisation de leur adresse IP pour un autre pays et éviter le blocage canadien.
«Un gamin qui veut accéder à un site comme ça et qui passe par un VPN n’aura pas de problème», confirme Frédéric Cuppens qui ajoute que des VPN «gratuits mais très dangereux» sont accessibles pour des jeunes.
Pour Steve Waterhouse, ce débat devrait en fin de compte moins en être un de technologie que d’éducation.
«Tout ça repose sur l’éducation, sur les discussions, notamment à l’école, sur ce qu’est une saine sexualité, avance-t-il. C’est une solution à mon sens beaucoup plus pérenne à long terme qu’un blocage technologique qui fera l’objet d’un contournement un ou deux jours plus tard!»
Le projet de loi S-210 est appuyé par les partis d’opposition à la Chambre des communes. Pour sa part, le gouvernement libéral a présenté cette semaine son propre projet de loi qui s’attaque plutôt au cyberharcèlement et aux discours haineux en ligne.
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