Un accord sur l’insécurité alimentaire en Haïti a été signé entre le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Université Quisqueya (UniQ), jeudi 9 novembre 2023 à l’hôtel Karibe Convention Center, pour une durée d’un an. Cet accord prévoit notamment la promotion et la sensibilisation à la faim et le développement des solutions visant à diminuer l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, la tenue de campagnes de sensibilisation à la faim et des collectes de fonds, des recherches et des études sur la question de l’insécurité alimentaire dans le pays.
En outre, cet accord prévoit permettre aux étudiants finissants de l’UniQ d’effectuer des stages et des études sur l’insécurité alimentaire au sein du PAM avec possibilité d’emploi. « Le PAM veut avoir avec l’Université Quisqueya une filière d’excellence et donner un encadrement pour trouver des solutions à long terme contre l’insécurité alimentaire. Ça va aider la communauté estudiantine dans la mesure où les étudiants peuvent espérer occuper des postes-clés au sein du PAM », a déclaré la responsable de contrat du PAM en Haïti, Franöshka Telemaque.
Sur le choix de l’Université Quisqueya dans le cadre de ce projet ambitieux, le directeur du PAM Jean Martin Bauer a déclaré : « Le PAM choisit de s’allier avec l’université Quisqueya parce qu’on aborde la sécurité alimentaire. On travaille aussi à renforcer la résilience dans le pays. On travaille beaucoup avec l’État, on a besoin aussi de travailler avec les meilleures institutions du pays donc nous allons avec Quisqueya parce que on a vu tout le travail, tout l’impact que Quisqueya a pu avoir sur la sécurité alimentaire dans le pays. Nous aussi nous voulons nous engager à long terme pour réduire l’insécurité alimentaire en Haïti. On va s’allier à Quisqueya et avoir la meilleure chance de remplir nos objectifs. », soulignant des complémentarités entre l’expertise à l’Université Quisqueya et la capacité opérationnelle du PAM sur le terrain.
Le Directeur du PAM en a profité pour mettre l’emphase sur le fait que le programme de cantine scolaire du PAM est basé à 50% sur la production locale. « Deux ans de cela on était à 20%, on va arriver à 100% d’ici 2028. Ce sont des engagements forts du PAM par rapport aux producteurs locaux », s’est-il vanté.
« Nous avons un programme d’achats auprès des producteurs pour les cantines scolaires et on travaille dans la protection sociale. Ce sont des domaines d’expertise de l’Université Quisqueya. Le PAM veut s’appuyer sur l’expertise local pour trouver des solutions à moyen et à long terme pour renforcer les petits producteurs. Nous avons des projets d’études et d’innovation ensemble », a-t-il poursuivi en disant espérer que l’accord avec l’UniQ conduira à une meilleure valorisation de l’expertise haïtienne dans les programmes du PAM.
De son côté, le recteur de l’UniQ, Jacky Lumarque, estime la coopération entre le PAM et l’université qu’il dirige sera bénéfique pour la lutte contre l’insécurité alimentaire en Haïti. « Cette coopération permettra d’améliorer la productivité, d’innover dans de nouveaux produits, et de faire en sorte que la consommation locale notamment dans les cantines scolaires soit à base de produits locaux. Cette collaboration montre cette volonté de se soustraire de plus en plus de l’importation et d’investir dans la production nationale. », a-t-il soutenu tout exprimant sa volonté de voir Haïti ne plus dépendre des programmes alimentaires mondiaux, expliquant que la voie que prend le PAM conduira à sa propre disparition dans le pays, car selon lui, la bonne vision du monde est de ne plus avoir un programme alimentaire mondial qui fournit au pays de la nourriture sous forme de don.
La situation de l’insécurité alimentaire en Haïti
Selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), jusqu’en juin dernier, près de 4,9 millions d’Haïtiens, soit près de la moitié de la population du pays, faisaient face à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë. Cette situation est aggravée par de multiples facteurs, comme l’insécurité et l’instabilité politique qui créent des chocs déstabilisateurs sur l’insécurité alimentaire aiguë.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) qui soutient Haïti en don en nourriture a été forcé au mois de juillet dernier de réduire son aide alimentaire d’urgence en Haïti de 25%, par rapport au mois de juin, « en raison de la baisse des niveaux de financement ». Cette baisse signifiait que pour le mois de juillet passé 100 000 Haïtiens parmi les plus vulnérables étaient contraints de se débrouiller sans aucune aide du programme.
Pour poursuivre se opérations jusqu’à la fin de l’année en Haïti, le PAM a besoin de 121 millions de dollars, sur lesquels il n’a reçu que 16% du financement, alors que son objectif pour 2023 était d’atteindre 2,3 millions de personnes en Haïti, dans un contexte où, comme indiqué plus haut, 4,9 millions d’Haïtiens sont en situation d’insécurité alimentaire, selon les chiffres avancés l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
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