Accueil des mineurs isolés: l’État lance une mission flash

La réponse n’a pas traîné. Mais pas forcément sous la forme escomptée.

Cinq jours après la publication dans Le Figaro d’une lettre de Charles Ange Ginésy, président (LR) du Département des Alpes-Maritimes, le gouvernement lui a répondu dans ces mêmes colonnes, hier, en annonçant une mission flash. Objet: la gestion des mineurs isolés par les départements.

Confronté à un afflux inédit de mineurs non accompagnés (MNA), le dispositif d’accueil de l’aide sociale à l’enfance (ASE) est saturé depuis deux semaines. Charles-Ange Ginésy a demandé « au Président de la République et à la Première Ministre que l’État assume ses responsabilités », estimant que ce dernier ne pouvait « plus laisser, après des mois d’alerte, les Alpes-Maritimes livrées à leur sort ».

Charlotte Caubel lui répond dans le Figaro. La secrétaire d’État chargée de l’Enfance annonce le lancement cette semaine d’une enquête flash sur la gestion des MNA. « Cela concerne un tiers des départements, ceux les plus concernés par ces problématiques. » suivies des Hautes-Alpes, de la Savoie et la Haute-Savoie.

« Surprise par la méthode »

L’intention: « agir rapidement ». L’objectif: « évaluer les difficultés des départements dans la gestion des mineurs isolés ».

Charlotte Caubel se dit « surprise par la méthode un peu particulière de M. Ginésy. Mes équipes et moi-même, nous sommes en lien permanent avec lui, tout comme la préfecture. Je n’ai pas attendu cette lettre pour agir. »

La secrétaire d’État ne nie pas l’augmentation des flux migratoires à la frontière franco-italienne, ni ses effets collatéraux. Mais elle « ne minimise pas la dimension politique de cette interpellation » par une collectivité au sein de laquelle Eric Ciotti, ancien président qui pilote aujourd’hui la commission des finances, continue à peser de tout son poids. Le président des Républicains s’annonce comme un acteur majeur du futur débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale.

Évaluer l’évaluation

Au cœur de la mission flash: l’évaluation de l’âge des mineurs présumés. Le cri d’alarme des associations, lancé vendredi dans un communiqué commun, a résonné jusqu’à Paris. Elles évoquent des « jeunes refoulés par les policiers sans évaluation préalable par l’aide sociale à l’enfance », et de « nombreux témoignages [faisant] état de fausses dates de naissance enregistrées par les policiers. »

Sollicité, le Département des A.-M. n’a pas souhaité réagir à l’annonce de cette mission, « n’en connaissant ni les objectifs, ni la méthode ». La collectivité maintient qu’elle « ne peut faire plus que ce qu’elle ne fait actuellement en y consacrant des moyens financiers et humains hors normes ».

Seule solution à son sens pour accueillir de nouveaux mineurs isolés: « Que des places occupées par des MNA mis à l’abri se libèrent ».

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