Les antennes sont opérationnelles, les capteurs installés, une partie de l’énorme site industriel d’Acome utilise désormais un réseau privé de 5G. Acome, c’est 45 hectares pour environ 1.000 employés qui fabriquent des câbles destinés à la téléphonie (la fibre optique notamment) ou à l’automobile. Les usines historiques de l’entreprises sont dans le sud-Manche, sur la commune de Romagny-Fontenay, près de Mortain, et leur nouveau « Lab 5G » vient d’y être inauguré ce jeudi 21 septembre.
Une expérimentation des usages de la 5G pour l’industrie
Le réseau 5G, c’est avant tout la capacité de traiter énormément d’informations récoltées grâce à des capteurs et ce, extrêmement rapidement. Pour le directeur de recherche et d’innovation d’Acome, c’est « le tuyau qui nous permet de remonter toutes ces données » et il y a déjà des applications concrètes mises en place sur le site.
Des robots autonomes (photo ci-dessous) ont par exemple été mis en circulation dans une des usines. Ils sont programmés à distance grâce à leur connexion 5G et permettent d’aller chercher un bobine de câbles en sortie de production, de l’emmener à l’autre bout de l’usine pour tester sa qualité et de la ramener ensuite, tout en envoyant le résultat du test à l’opérateur resté sur la ligne de production. Auparavant, c’était à un employé de faire tout ce parcours, celui-ci gagne donc du temps qu’il peut consacrer à d’autres tâches.
Sarah Saltiel-Ragot
Autre utilisation : des lunettes connectées. Le technicien qui les porte se trouve à un bout de l’usine pour inspecter une machine. Un expert est lui, à l’opposé devant son ordinateur. Il peut voir en haute définition et presque en temps réel, ce que voit son collègue sur le terrain.
Sarah Saltiel-Ragot
Derrière son écran, le spécialiste peut même prendre une photo, y ajouter une flèche pour montrer à son collègue une pièce à inspecter par exemple, le guider, et lui envoyer l’image qu’il verra directement dans ses lunettes en quelques secondes.
Sarah Saltiel-Ragot
Pour Aurélien Bergonzo, le directeur recherche et innovation, c’est un gain de temps et d’efficacité non négligeable. Cette technologie permet aussi certaines économies et Acome en a déjà faites : en plaçant des capteurs 5G à des endroits stratégiques et avec un algorithme, l’entreprise a pu optimiser sa consommation d’énergie et la réduire. Ce sont ici quelques exemples d’utilisation de la 5G à l’étude dans ce « Lab 5G » qui cherche toutes les applications possibles pour l’industrie.
Défendre le tissu industriel français
Le PDG d’Acome, Jacques de Heere, n’y va pas par quatre chemin : l’innovation est une question de survie pour que l’industrie française reste compétitive. Le projet coûte aujourd’hui à son stade expérimental 1,1 million d’euros et a bénéficié de subventions du plan « France Relance » de l’Etat, mais il pourrait passer à plusieurs millions si la technologie était développée à l’ensemble du site industriel manchois. « L’enjeu c’est de défendre la performance de l’industrie en France, » estime Jacques de Heere, « l’industrie est un enjeu national et on a beaucoup de retard à rattraper. Si on veut réinvestir et reconstruire le tissu industriel français, il faut tout de suite penser aux technologie de demain. »
C’est pourquoi, si la démarche d’Acome est privée, l’entreprise ne gardera pas ses expérimentations pour elle, au contraire, elle compte les partager. « On veut aussi susciter l’intérêt des autres industriels, » poursuit le PDG, « et leur dire de venir voir ce que nous faisons et expérimenter vous-mêmes. »
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