ActuNiger | L’ancien Président Issoufou a quitté Niamey pour Addis Abeba

 

L’ancien Président de la République Issoufou Mahamadou a quitté Niamey, hier mercredi 14 février dans la soirée, à destination d’Addis Abeba, en Ethiopie, où il assistera à des évènements organisés en marge du 37e Sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine (UA). C’est le premier déplacement hors du pays de l’ancien Chef de l’Etat depuis les évènements du 26 juillet 2023 et la prise du pouvoir par les militaires du CNSP.


 

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C’est à 22h30 que le vol spécial transportant l’ancien chef de l’Etat a quitté l’Aéroport international Diori Hamani à destination d’Addis Abeba. C’est à bord ‘un jet privé venu spécialement d’Accra  que Mahamadou Issoufou a embarqué du Pavillon présidentiel, en compagnie des membres de son cabinet et de sa sécurité.

Dans la capitale éthiopienne, l’ancien chef de l’Etat va assister à des évènements organisés en marge du 37e Sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, pour le compte de qui, il est toujours Champion pour la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

C’est le premier déplacement hors du pays de l’ancien chef de l’Etat depuis le coup d’Etat du 26 juillet dernier et le renversement du régime de Bazoum Mohamed, son dauphin et successeur à la tête du PNDS Tarrayya et de l’Etat.

Depuis les évènements qui ont vu la prise du pouvoir par les militaires du CNSP, avec à leur tête son ancien commandant de la garde présidentielle, le Général Abdourahamane Tiani, l’ex chef de l’Etat n’a fait que quelques rares déclarations publiques. Il n’a par exemple condamné le coup d’état que tardivement et du bout des lèvres mais s’est par contre catégoriquement opposé à une quelconque intervention militaire de la Cédéao pour restaurer l’ordre constitutionnel, appelant plutôt à « une solution négociée » de sortie de crise.

Le silence de l’ancien Président sur les évènements du 26 juillet 2023 et sur la transition en cours n’a cessé d’alimenter les rumeurs les plus folles ainsi que les informations contradictoires sur son véritable rôle sur la prise du pouvoir par les militaires. Au sein de son parti, le clan dit des proches de Bazoum Mohamed n’hésite pas à qualifier publiquement l’attitude d’Issoufou Mahamadou de « trahison ». D’autres continuent à croire qu’il a une main dans la conduite de la transition notamment des négociations avec certains chefs d’état de la sous-région pour faire accepter le coup de force et lever les sanctions contre le pays. Ces derniers temps, certaines informations font même cas d’une possible levée de son immunité présidentielle ainsi que celle de son successeur qui est toujours détenu au Palais présidentiel.

En décembre dernier, l’ancien chef de l’Etat qui continue de présider la Fondation éponyme qu’il a lancée après son départ du pouvoir (FIM), n’a pas pu assister au Sommet ordinaire de la Cédéao pour le compte de qui il était Médiateur pour le Burkina Faso mais aussi champion de la Task force sur la libre circulation des biens et des personnes. En septembre également, il n’a pas pu se rendre à New York pour assister à l’Assemblée générale des Nations Unies alors qu’il président le Panel spécial mis en place par le Secrétaire général de l’ONU pour le Sahel.

Bien qu’aucune charge ne soit retenue contre l’ancien chef de l’Etat, qui continue de bénéficier de l’immunité présidentielle consacrée par les textes en vigueur, le cas de Mahamadou Issoufou revient fréquemment au devant de l’actualité nationale. Des militants de la société civile ont à plusieurs reprises demandé aux autorités de transition, la mise à disposition de l’ancien président à la justice afin qu’il réponde de certains scandales qui ont éclaté sous ses dix ans de règne et dans lesquels son nom est régulièrement cité. Pour l’heure sans effet car de toute évidence, l’ancien Président est libre de vaquer à ses occupations.

Ce déplacement à Addis Abeba lui permettra certainement de jouer de ses relations pour que les sanctions imposées au Niger par la Cédéao soient allégées. Ce qui pourrait bien servir les autorités de transition qui à défaut d’envoyer des émissaires officiels dans la capitale éthiopienne, le Niger étant suspendue de l’instance continentale, peuvent s’accommoder d’un émissaire officieux d’autant que sur la scène internationale et panafricaine, Issoufou n’est pas n’importe qui quoi qu’on dise!

Il importe de noter qu’il y a quelques jours, l’autre ancien Président Mahamane Ousmane a séjourné en Tunisie où il a assisté à une Conférence internationale organisée par un think-thank sur la situation en Lybie.

A.Y. Barma (actuniger.com)

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