Agressions sexuelles dans le sport en Corse : « Dans le judo, jamais aucun cas signalé »

Sport de contact et mixte, le judo est-il de fait considéré comme à risques ?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’y a pas plus de rapprochements que ça qui sont liés au judo. En tout cas, je ne l’ai jamais noté ni remarqué.

C’est vrai qu’il y a de la mixité mais la discipline est asexuée. Et en ce qui concerne le contact, si vous mettez deux adultes débutants ensemble au sol, ils seront mal à l’aise. Mais très vite, ils l’oublieront parce qu’ils sont dans une pratique.

Y a-t-il déjà eu des cas ou des signalements d’agression sexuelle en Corse ?

Depuis 2016 que je suis directeur technique, je n’ai jamais reçu le moindre signalement. Et même avant, il n’y en a eu aucun. Alors attention, ça ne veut pas non plus dire qu’il n’y a pas des choses qui existent, mais à ce jour, à notre connaissance au niveau de la Ligue, il n’y a aucune information en ce sens. Aucune remontée des clubs, ni même des inquiétudes ou des questions émanant de parents ou d’adhérents.

Comment l’expliquer ?

Je crois qu’on a la chance d’être encore un peu protégés chez nous. On est sur du familial et il y a moins de monde que dans des structures du Continent. C’est plus moi qui ai tendance à instaurer un stress qui n’y est pas au départ en faisant certaines choses en ce sens. 

C’est-à-dire ?

Je vais donner un exemple tout bête, mais l’accès aux vestiaires pour les parents est relativement limité et contrôlé. Et il y a interdiction formelle pour ceux qui y pénètrent d’être munis d’un téléphone portable. Ce sont des choses qu’on a évoquées en formation au sein de la Fédé et qui sont déjà en place aux États-Unis.

Autre exemple, quand on part en déplacement, il n’y a aucun cadre qui partage une chambre avec un athlète. Et même si celui-ci est majeur et émancipé, il n’y a pas de mélange.

Y a-t-il d’autres moyens de se prémunir de ce fléau et de protéger les licenciés ?

Il faut déjà expliquer aux enfants que leur bouche, leur poitrine, leur sexe leur appartiennent. Alors bien sûr, on n’utilise pas ces mots-là mais c’est leur schéma d’action et personne n’a l’autorisation d’interférer dessus.

On essaye de faire cette sensibilisation au sein des clubs, même si ces derniers sont un peu  » casaniers « , et je le fais également lors du stage national de rentrée (SNR).

Ce n’est pas un sujet simple, certains sont d’ailleurs toujours mal à l’aise lorsqu’on l’évoque parce que le côté malsain ressort mais encore une fois, j’ai toujours tendance à penser qu’on est encore préservés. Je ne dis pas qu’un jour ça n’arrivera pas, peut-être que j’aurai même un signalement sur un oncle, une tante… avec un gamin qui viendra se confier dans le cadre de son activité sportive.

Existe-t-il également une façon de contrôler les bénévoles ?

Au sein de la Fédé, on doit déjà être licencié. Et ensuite, les accompagnants et bénévoles signent ce qu’on appelle un onglet d’honorabilité. En répondant aux conditions d’honorabilité, cela veut dire qu’on est quelqu’un de fiable, mais cela signifie également qu’on peut être contrôlé et qu’on est fléché par la Fédé.

Celle-ci est un peu en avance sur ce sujet. Elle s’en est emparée assez rapidement puisqu’il y avait eu des cas sur le Continent. Et lorsque tout a explosé, elle a fait le nécessaire pour limiter les risques.

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.