Annecy. « Le football pro, ça brille, mais ça n’est pas une raison pour obéir à son diktat ! »

Après les révélations du Dauphiné Libéré au sujet de la rénovation du stade d’Annecy, l’ancien maire adjoint aux sports de la Ville, François Scavini, tient à s’exprimer. Pour lui, l’essentiel de ce débat a déjà eu lieu il y a moins de 10 ans, quand l’ETG FC existait encore.


Jean-Baptiste Serron

Aujourd’hui à 12:12

| mis à jour aujourd’hui à 15:38

Aux manettes de la politique sportive de la Ville d’Annecy de 2008 à 2014, lorsqu’il était adjoint de Jean-Luc Rigaut, François Scavini est un homme qui continue à suivre l’actualité locale de près. En particulier celle du Parc des Sports, une enceinte qui lui est chère et qu’il avait mise à disposition de l’ETG FC en 2010, quand le club chablaisien avait eu besoin d’un stade répondant aux exigences du football professionnel.

Après avoir pris connaissance des orientations que souhaitaient prendre le FC Annecy et la municipalité au sujet de l’équipement, révélées par le Dauphiné Libéré, l’ancien élu a tenu à réagir. « Pas pour apporter la polémique, mais pour faire part de mon expérience », assure-t-il.

La suppression de la piste d’athlétisme

Sur ce point, François Scavini est formel : « Cette piste, il faut absolument la garder, au moins pour deux raisons. D’abord parce que celle d’Annecy-le-Vieux ne suffira pas pour tous les pratiquants d’athlé du territoire, ensuite parce que le Parc des Sports n’est pas un lieu consacré à un seul sport. Il a été pensé et construit pour être omnisports. Ça a toujours été ainsi ! Si la piste disparaît, non seulement ce sera la mort de l’athlétisme à Annecy, mais aussi celle de la vocation du Parc des Sports. »

Le retournement de la pelouse

Envisagé par les techniciens pour gagner de la surface sur le site, le retournement de la pelouse – qui ferait que les tribunes actuelles seraient derrière les buts -, n’a pas grand intérêt pour François Scavini. « À part pour ne plus avoir le soleil dans la tronche, je ne comprends pas en quoi ce serait pertinent. »

Sa solution, déjà réfléchie il y a dix ans, réside dans des tribunes latérales coulissantes, qui « glisseraient sur la piste quand ce serait nécessaire et qui seraient retirées quand ça ne le serait pas ».

La position de la Ville

Lui qui a « résisté aux désidératas de l’ETG FC à l’époque de la Ligue 1 » estime savoir ce que vivent ses successeurs. Et il les incite à faire preuve de la même fermeté que lui en son temps. « Le football pro, c’est une autre planète. C’est beau, ça brille… Mais ça n’est pas une raison pour obéir à son diktat. Je me souviens qu’à chaque réunion qu’on avait avec l’ETG FC, leurs dirigeants nous demandaient de transformer le stade. Et à chaque réunion, avec le maire, on leur disait non. C’était pénible, mais c’était dans l’intérêt du plus grand nombre. »

D’après François Scavini, c’est pour cette raison que le board chablaisien avait fini par avoir envie de construire sa propre enceinte. Une hypothèse qui n’a jamais abouti, l’ETG FC disparaissant en 2016.

La signature d’un bail emphytéotique

Solution permettant au club de financer l’essentiel des travaux de rénovation (estimés entre 10 et 40 millions d’euros) tout en permettant à la collectivité de rester propriétaire de l’infrastructure, le bail emphytéotique n’est pas « une mauvaise idée en soi, juge l’ancien adjoint. Mais à condition de rester maître du cahier des charges et d’imposer des consignes claires. » Comme la conservation de la piste d’athlétisme. Dans le cas contraire, il inviterait le Fécé à « monter son projet ailleurs ».

La vétusté du Parc des Sports

Bien conscient que « rien d’envergure » n’ait été fait pour le Parc des Sports depuis très longtemps, François Scavini reconnaît que ce dernier a bien besoin d’un coup de neuf. « Les vestiaires, la pelouse, les tribunes… Tout ça peut être amélioré, j’en conviens. »

Il estime aussi que cela pourrait être suffisant, dans un premier temps, pour le FC Annecy. « Le Parc des Sports a du potentiel tel qu’il est, conclut-il. Je rappelle qu’il a accueilli de la Ligue 1 il y a moins d’une décennie, et dans de bonnes conditions ! Commençons par de bonnes retouches – et par pérenniser le football pro à Annecy – avant d’avoir la folie des grandeurs. »

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