Après les sanctions, les relations entre le Niger et le Bénin à l’heure du réchauffement

Après les principes, place à la politique. Partisan de la ligne dure contre les putschistes qui ont renversé le président nigérien Mohamed Bazoum le 26 juillet, Patrice Talon adoucit sa position. Le président béninois a annoncé fin décembre 2023 la levée de la suspension des importations de marchandises transitant vers le Niger par le port autonome de Cotonou. Une décision qui intervient après que le président béninois Patrice Talon a fait part de sa « volonté de voir se rétablir rapidement les relations entre le Bénin et les pays où les coups d’Etat sont intervenus ». Des termes bien plus conciliants que ceux employés par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) lors de son dernier sommet, le 10 décembre, à Abuja.

L’organisation régionale avait déjà assoupli sa position en annonçant que, « sur la base des résultats de l’engagement du comité des chefs d’Etat avec le Conseil national de la sauvegarde de la patrie (CNSP), l’autorité va progressivement alléger les sanctions imposées au Niger ». Une levée des sanctions économiques néanmoins conditionnée à la libération du président renversé Mohamed Bazoum et à la mise sur pied d’un plan de transition.

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Une main tendue que, pour l’instant, la junte a refusé de saisir. Le 1er janvier, la Chambre de commerce et de l’industrie du Niger a « invité les opérateurs économiques à continuer à utiliser les ports et les corridors qui ont permis de desservir le pays depuis les événements du 26 juillet », soit celui de Lomé, au Togo, qui bien que membre de la Cedeao a adopté une attitude clémente avec les Etats putschistes sahéliens via les routes du Burkina Faso. Niamey souligne que les conteneurs, une fois débarqués sur le sol béninois, ne pourront pas être acheminés jusqu’au Niger à cause de la fermeture des frontières imposée par les sanctions de la Cedeao. Depuis juillet, des centaines de camions sont bloquées de part et d’autre du fleuve Niger, qui délimite la frontière entre les deux pays.

Néanmoins, selon plusieurs observateurs, l’annonce béninoise est un premier pas vers une reprise des relations économiques et commerciales entre le Bénin et le Niger. « Les échanges autour du fleuve sont une tradition, détaille Lionel Zinsou, économiste et ex-premier ministre béninois. Ces économies sont très intégrées et ne fonctionnent pas l’une sans l’autre. D’ailleurs, les sanctions contre le Mali avaient elles aussi eu des répercussions sur le Sénégal, premier pays d’écoulement du pays enclavé », rappelle le Franco-Béninois.

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