ARTE Reportage – Haïti : les mots contre les balles / Tchad : tracer l’avenir – Regarder l’émission complète

Miné par la violence des gangs, l’État haïtien s’est effondré. Dans ce marasme généralisé, une jeunesse littéraire résiste / Au Tchad, un travail de cartographie participative tente de prévenir les conflits liés à l’appauvrissement des ressources.

Haïti : les mots contre les balles
Naufragée dans une tempête de violence, la nation haïtienne sombre. À l’ordre défaillant de l’État s’est substitué l’impitoyable règne des gangs. Les lynchages publics se multiplient de la part d’une population déboussolée par la disparition de l’État de droit. Dans ce marasme généralisé, une jeunesse littéraire résiste. Litainé Laguerre, jeune poète nous fait le récit d’un pays qui va mal mais qui continue à espérer. L’espoir, c’est savoir que demain existe, nous dit-il. Au sud de Port-au-Prince, de jeunes bandits, inféodés au plus grand gang régional, tuent policiers et civils pour un coin de rue et la possibilité d’établir demain une station de racket qui appauvrira plus encore une population esseulée par trois années d’effondrement institutionnel. Face à eux, des policiers réguliers et d’autres gangs, formés justement par des membres des forces de l’ordre, n’hésitant pas eux aussi à racketter les citoyens. Pris au piège d’une police aussi prédatrice que les bandits qu’elle combat, la population n’a d’autre choix que de fuir ou de basculer, elle aussi dans la guerre. Certains dans le peuple sont résolus à se faire justice eux-mêmes. Chaque jour, des enfants croisent dans la rue des corps calcinés : lapidés, brûlés vifs après des jugements express, ces présumés membres de gangs ou petits voleurs paient pour les autres. Malgré toute cette violence, la jeunesse intellectuelle refuse de quitter Haïti. Elle résiste par les mots et invente une prose venue des tréfonds des bidonvilles. Eux que jamais le gouvernement n’a daigné protéger, eux qui vivent la peur au ventre et « avec la balle », cette balle perdue qui chaque jour peut les atteindre, veulent croire que les temps présents ne sont qu’une mauvaise passe.

Tchad : tracer l’avenir 
Hindou Oumarou Ibrahim est une cartographe activiste, femme peule des tribus d’éleveurs du Tchad. Face à la raréfaction des ressources et aux conflits meurtriers pour leur contrôle, elle a lancé une vaste opération de cartographie participative. bL’objectif est d’envoyer les communautés recenser leurs points d’eau ou leurs pâturages, puis de les partager avec d’autres villages grâce à une immense carte ambulante. Hindou et son équipe sont aujourd’hui lancées dans la modélisation du lac Tchad en voie d’assèchement, une ressource vitale pour au moins 40 millions de personnes. Alors que la crise au Soudan amène des dizaines de milliers de réfugiés au Tchad voisin, la cartographie participative est un des minces espoirs pour que l’accès aux ressources ne dégénère pas en guerre régionale.

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