Bien maligne serait la personne capable d’attribuer une étiquette politique définitive au président de la région Guadeloupe, Ary Chalus. Sa ligne, c’est la Guadeloupe et les Guadeloupéens, dit-il souvent, reprenant à son compte le slogan de son parti Guadeloupe unie, solidaire et responsable (GUSR), « penser Guadeloupe, agir Guadeloupe ». Au grand dam de ses adversaires, pour qui l’amour du pays ne saurait être une ligne politique.
Reste que la formule résonne dans la population. « C’est parce qu’il était le plus populaire d’entre nous qu’il a été propulsé à la tête la liste Changer d’avenir en 2015, pour les régionales », dit au Monde le député Olivier Serva (LIOT), colistier de l’époque. Sa popularité, M. Chalus la doit à son omniprésence sur le terrain, sa capacité à parler à tous, à serrer des mains, taper amicalement dans le dos. Il est de tous les chantiers, de tous les projets, même hors du champ de compétence de sa collectivité. « Populisme ! », raillent ses adversaires.
Son objectif ? Aider la Guadeloupe et les communes de tout bord politique, martèle-t-il. Les familles aussi, quitte à utiliser son enveloppe d’indemnités de frais de mandat de député pour « payer un aller-retour en Hexagone à un enfant atteint du Zika » et « acheter un fauteuil roulant », comme il l’a confié à un média local, en juin. Si l’affaire est dans le collimateur du Parquet national financier, qui a ouvert une enquête en 2020, cette quête de l’amour du peuple lui aura permis d’occuper de nombreux postes d’élus : municipaux, comme conseiller, puis en tant que premier adjoint de Paul Mado, élu maire de Baie-Mahault en 2001. Le décès de l’édile trois semaines après le scrutin fera d’Ary Chalus le dirigeant de la commune pour quinze ans. Il a également été conseiller départemental, puis député, avant de ravir la place de président de région à son rival et prédécesseur Victorin Lurel, en 2015, élection désormais entachée d’un soupçon de financement illégal, qui lui fait risquer l’inéligibilité.
Soutien de Macron en 2017
Selon ses détracteurs, l’élu n’est pas sans faille : faiblesse technique sur les dossiers, inconstance de la décision, agité, réputation de dragueur inconvenant, clientéliste… Les critiques pleuvent. Sur les bancs de l’assemblée régionale, l’opposition dénonce des méthodes de travail opaques et une gestion hasardeuse des affaires régionales. « Il a surrecruté dans la collectivité, la gestion des fonds européens [dont la région a la charge] est délétère et l’aménagement du territoire est au ralenti », évoque Bernard Guillaume (Parti socialiste), le président du groupe des élus de la minorité, Péyi Gwadloup.
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