Au Cameroun, au moins vingt-trois personnes tuées dans un éboulement causé par des pluies torrentielles

Un éboulement provoqué par des pluies torrentielles dimanche a tué au moins vingt-trois personnes à Yaoundé, la capitale du Cameroun, a annoncé lundi 9 octobre un responsable des pompiers, précisant qu’il s’agit d’un bilan provisoire alors que les recherches se poursuivent. Les effondrements de pans de terrains en saison des pluies surviennent fréquemment à Yaoundé, une ville constellée de collines sur les flancs desquelles des habitations parfois précaires sont construites.

Cette fois, le drame s’est produit en début de soirée dimanche dans le quartier de Mbankolo, dans la périphérie nord-ouest de Yaoundé, et a été provoqué par la rupture d’une digue retenant les eaux d’un lac artificiel situé en amont, selon la chaîne de télévision publique CRTV. « Hier [dimanche] nous avons extrait quinze personnes décédées et ce matin nous en avons extrait huit. Nous continuons à chercher », a déclaré lundi matin David Petatoa Poufong, commandant en second du corps national des sapeurs-pompiers.

Les corps des huit victimes retrouvées lundi ont été chargés en milieu de matinée à bord d’un véhicule pick-up des pompiers, recouverts de draps, devant une foule compacte de badauds, mais aussi de proches qui pleuraient, rapporte un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) sur place. Un pompier s’adressant à son chef a dit qu’au moins un enfant était mort, révèle ce journaliste, tandis que deux femmes s’effondraient en pleurs.

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« L’eau a balayé tout sur son passage »

Les badauds, comme les journalistes, sont tenus à distance des lieux précis de l’éboulement par un cordon de sécurité. Mais des images diffusées sur la chaîne de télévision publique CRTV montrent un pan de colline entier effondré et ce qui reste de maisons manifestement construites dans des matériaux fragiles, notamment du bois, des briques de terre séchée et de la tôle. Le journaliste de l’AFP apercevait au loin les restes d’habitations à flanc de colline emportées par l’éboulement.

« Il y a eu un éboulement, suite à une grande pluie. L’eau a balayé tout sur son passage », a déclaré Daouda Ousmanou, le sous-préfet du secteur II de Yaoundé, où se trouve Mbankolo, au micro de la radio publique. Selon la CRTV, les pluies torrentielles ont provoqué une « rupture de digue » dans le quartier, laquelle a « déclenché une coulée de boue » et « une trentaine de maisons ont été détruites ». La chaîne a aussi diffusé des images manifestement prises la nuit et montrant des torrents d’eau et de boue continuant de couler par endroits ainsi qu’au moins trois corps sans vie recouverts de pagnes ou de draps.

Le 27 novembre 2022, au moins quinze personnes avaient trouvé la mort dans l’éboulement d’un pan de colline dans le quartier de Damas, au sud de Mbankolo. Dans ce quartier populaire, des pluies torrentielles avaient fait s’écrouler un terrain vague à flanc de colline sur lequel une foule assistait à un hommage funéraire.

Le Monde avec AFP

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