Au Niger, la justice ordonne la libération d’un général écroué depuis 2015

Abdourahamane Tiani et des militaires à Niamey, le 28 juillet 2023. © Balima Boureima/Anadolu Agency via AFP

Publié le 25 octobre 2023

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La justice du Niger a ordonné la libération du général Souleymane Salou, ancien chef d’état-major des Armées, condamné à 15 ans de prison en 2018 pour son implication dans une tentative de coup d’État en 2015.

Mohamed Bazoum (à g.) et Mahamadou Issoufou. © Montage JA – Vincent Fournier/JA

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« Il y a eu un jugement (en appel) [ce 24 octobre] et le juge a ordonné sa libération », a affirmé à l’AFP un proche du général Salou, en indiquant que sa sortie de prison « ne saurait tarder ». Une source proche des militaires qui ont renversé le président civil Mohamed Bazoum en juillet, a confirmé la décision de libération du général Salou, âgé de 70 ans.

Officier de l’armée de l’air, le général Souleymane Salou était membre de la junte qui avait renversé le président Mamadou Tandja en 2010 : il avait alors été nommé chef d’état-major jusqu’à l’organisation d’élections en 2011, remportées par Mahamadou Issoufou.

Scepticisme de l’opposition

Le 17 décembre 2015, le président Issoufou qui briguait alors un second mandat, avait affirmé qu’une tentative de coup d’État avait été déjouée, justifiant l’arrestation de douze militaires dont celle le général Salou, de trois douaniers et d’une dizaine de civils.

Mamadou Tandja, en août 2009, au lendemain de la victoire du oui au référendum constitutionnel dont il espérait qu’il lui ouvrait la voie à un nouveau mandat. © Jacob SILBERBERG/PANOS-REA

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En janvier 2018, un tribunal militaire avait condamné le général Salou, son fils et huit militaires à des peines de cinq à quinze ans de prison pour leur implication dans cette tentative de coup d’État. Le général avait écopé de 15 ans de prison qu’il purgeait depuis dans une prison à l’intérieur du pays.

« Prisonniers politiques »

Le tribunal les avait jugés « coupables d’avoir fomenté entre novembre et décembre 2015 un complot ayant pour but d’attenter à l’autorité ou à la sûreté de l’État », selon le délibéré. À l’époque des arrestations, l’opposition s’était montrée sceptique quant à la réalité de la tentative de coup d’État.

Hama Amadou, à Paris, le 15 septembre 2015. © Vincent Fournier/JA

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Début septembre, le Premier ministre nigérien nommé par le régime, Ali Mahaman Lamine Zeine, avait assuré que des mesures seraient prises pour la libération de « prisonniers politiques » du régime déchu. Mi-septembre, l’ancien Premier ministre Hama Amadou, un farouche opposant au président déchu Mohamed Bazoum est rentré à Niamey après plus de deux ans passés en France.

(Avec AFP)

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