Après plus de trois semaines de bras de fer avec les militaires au pouvoir au Niger, la France a été obligée d’acter sa défaite. Sommé par les putschistes de quitter le Niger en quarante-huit heures fin août, l’ambassadeur de France Sylvain Itté a finalement regagné Paris, avec six de ses collaborateurs, dans l’après-midi de mercredi 27 septembre après une brève escale à N’Djamena, la capitale du Tchad. Catherine Colonna, la ministre des affaires étrangères, a ensuite reçu le diplomate « pour le remercier de son action et de celles des équipes qui l’entouraient au service de notre pays, dans des conditions difficiles », souligne le Quai d’Orsay.
Le retour de Sylvain Itté avait été annoncé par Emmanuel Macron dimanche au détour d’une interview accordée aux chaînes TF1 et France 2, au cours de laquelle il avait également sonné le retrait des quelque 1 500 militaires français présents au Niger « d’ici la fin de l’année ».
Cela faisait près d’un mois que la junte dirigée par Abdourahamane Tiani avait exigé le départ de l’ambassadeur et des militaires français, mais Paris s’était jusqu’ici formellement opposé à leur retrait, considérant les putschistes comme illégitimes et reconnaissant seulement l’autorité du président déchu Mohamed Bazoum. Détenu par les militaires depuis deux mois, ce dernier refuse toujours de démissionner.
« Rations militaires »
Face à l’entêtement de la France, la junte avait accentué la pression sur l’enclave diplomatique française ces dernières semaines. Paris, de son côté, n’avait pas hésité à employer un vocabulaire hyperbolique en qualifiant son diplomate « d’otage ». « Nous avons un ambassadeur et des membres diplomatiques qui sont pris en otages littéralement à l’ambassade », s’était insurgé Emmanuel Macron mi-septembre, dénonçant des blocages dans les livraisons de vivres, contraignant le personnel diplomatique à se nourrir avec « des rations militaires ».
Début septembre, les ambassadeurs de l’Union européenne (UE) et de l’Espagne, venus manifester leur soutien à Sylvain Itté, dont l’immunité et le visa diplomatique avaient été retirés fin août par la junte, avaient été empêchés par les policiers nigériens d’accéder à l’ambassade. Deux jours plus tôt, un camion de déménagement, affrété par un membre du personnel français pour rapatrier ses effets au sein de l’enclave diplomatique, avait également été arrêté par la police et tout le chargement, saisi.
En coulisse, depuis la mi-août, plusieurs sources diplomatiques françaises reconnaissaient que la France n’aurait d’autre choix que de plier face à la junte nigérienne, alors qu’aucune des médiations engagées par les pays ouest-africains pour que les militaires quittent le pouvoir n’avait abouti.
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