Au Sénégal, les autorités maintiennent leur interdiction de TikTok

Avec notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois

La suspension devait être temporaire, mais elle commence à s’éterniser. Le ministre de la Communication, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Moussa Bocar Thiam, affirme qu’elle restera en vigueur tant que TikTok ne fournira pas de garanties sur son auto-régulation.

Parmi les raisons avancées, le manque de mesures préventives pour protéger la vie privée et les mineurs et le manque de filtres pour garantir « la sécurité publique et les bonnes mœurs ». Selon le ministre, des contenus violents, tendancieux et terroristes circulent sur l’application. Il rappelle également que de nombreuses vidéos des émeutes de mars 2021 et juin 2023 avaient été partagées sur TikTok. 

L’application chinoise au milliard d’abonnés est utilisée par 450 000 personnes au Sénégal, en majorité des jeunes, selon l’entreprise Start.io. Et de nombreux utilisateurs de l’application contournent désormais cette suspension en utilisant des logiciels VPN. Amnesty International et Internet sans frontières dénoncent une atteinte à la liberté d’information.


Ce qui inquiète, c’est qu’on ne peut pas voir une restriction au nom de certains contenus qui ont été identifiés il y a plus de 30 jours. La mesure telle qu’elle se pose actuellement me semble punitive et collective, sans faire de distinctions entre ces messages de haine qu’on devrait effectivement adresser par la régulation, et les usagers de tous les jours qui utilisent la plateforme pour communiquer entre eux, pour créer des ponts avec leur famille, avec leurs amis, pour également s’informer sur des questions politiques, sur des questions économiques, sur des questions en lien avec leur santé, leur éducation.

Alfred Nkuru Bulakali, directeur régional de l’ONG ARTICLE 19 Sénégal∕Afrique de l’Ouest

Juliette Dubois


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