Au Sénégal, Ousmane Sonko ne pourra pas se réinscrire sur les listes électorales

Un service du ministère sénégalais de l’intérieur a opposé, mardi 31 octobre, une fin de non-recevoir à la demande de la commission électorale de rétablir l’opposant Ousmane Sonko sur les listes électorales et de lui délivrer des documents essentiels pour sa candidature à l’élection présidentielle de 2024.

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Dans une réponse à un courrier de la Commission électorale nationale autonome (CENA), la Direction générale des élections (DGE) affirme qu’elle « n’a pas de compétence pour mener une quelconque action sur le fichier électoral ». La DGE ne précise pas qui a cette compétence. Dans sa lettre à la DGE, la CENA avait écrit que M. Sonko devait « jouir de son statut d’électeur inscrit sur les listes électorales avec tous les droits [qui y sont] attachés ».

M. Sonko a été radié des listes électorales, ce qui l’empêche en l’état de concourir à la présidentielle. Le gouvernement a essentiellement argué de la condamnation de l’opposant par contumace dans une affaire de mœurs en juin pour justifier sa radiation. Ousmane Sonko, emprisonné depuis fin juillet sous d’autres chefs d’inculpation, dénonce ces affaires comme des complots visant à l’écarter de la présidentielle.

Contestation devant la cour de justice de la Cedeao

Un juge de Ziguinchor a ordonné le 12 octobre que M. Sonko, au cœur d’une saga politico-judiciaire mouvementée et violente qui tient le Sénégal en haleine depuis deux ans et demi, soit rétabli sur les listes. Le ministère de l’intérieur a cependant refusé jusqu’alors de lui délivrer les fiches officielles qui lui permettraient de recueillir ses parrainages, une étape nécessaire au dépôt de candidature.

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La CENA « invite la Direction générale des élections à prendre les mesures nécessaires pour faire tenir à la disposition du mandataire de M. Ousmane Sonko et ce, dans les meilleurs délais, la fiche de parrainage », dit-elle dans sa lettre. Dans sa réponse rendue publique, la DGE déclare que, si elle n’a pas remis les formulaires aux représentants de M. Sonko, c’est parce que celui-ci ne figurait pas sur les listes, une position confirmée le 6 octobre par la Cour suprême, souligne-t-elle.

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La CENA contrôle et supervise le processus électoral, de l’inscription sur les listes jusqu’à la proclamation provisoire des résultats. Les élections sont organisées par le ministère de l’intérieur. Un porte-parole de la CENA avait cependant reconnu auprès de l’Agence France-Presse que la commission ne pouvait pas contraindre le ministère de l’intérieur.

Les avocats de M. Sonko ont par ailleurs contesté mardi le refus de lui délivrer les fiches de parrainages devant la cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique (Cedeao). La juridiction régionale a décidé de se donner jusqu’au 6 novembre pour trancher des litiges liés à cette affaire.

Le Monde avec AFP

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