Au Wiels, les merveilleux Jeux d’Enfants filmés par Francis Alÿs

Quand la réalité intègre la fiction

À Hong Kong, durant la pandémie de Covid-19, une jeune fille s’extrait d’une ambiance anxiogène en s’inventant un jeu de marelle géant avec les bandes jaunes des passages pour piétons et les fissures des trottoirs, tandis que sur le toit terrasse délabré d’un immeuble trois copines ramènent la joie en sautant frénétiquement à la corde en parfaite harmonie. À Malinalco, au Mexique, les enfants intègrent le risque de la contamination dans une nouvelle version du jeu du loup. Le premier chasseur a un foulard rouge, symbole du virus. Lorsqu’il réussit à toucher un.e camarade il crie « Contagio !« . Le ou la contaminé·e sort son masque rouge et devient chasseur à son tour.

À Kharkiv, en Ukraine, des enfants en treillis munis de mitraillettes en bois (comme les font les enfants en Afrique dans les zones de conflit) jouent à débusquer des espions russes. Ils arrêtent les voitures et font prononcer « palianitsya » aux passagers. Un mot imprononçable pour un non-ukrainien. Une version actuelle du « Schild en vriend« , le mot de passe qu’avait la milice flamande en 1302 à la bataille des Eperons d’or (et aujourd’hui réactivé par l’extrême droite flamande, mais c’est une autre histoire). La voiture repart, les gosses se marrent. Une bonne blague à quelques kilomètres du front. À travers ces jeux d’enfants, l’artiste documente la culture et les modes de vie de par le monde et nous enjoint à « rester fidèle à l’enfant que nous avons été […] le moment le plus précieux de notre existence ».

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