Avenir de la Tête de Chien: pourquoi le maire de La Turbie défend le projet de centre de cyclisme

Pourquoi avez-vous choisi le projet porté par Fabien Barel ?

Ces bâtiments [les anciennes villas de France Telecom] ne nous ont jamais appartenus. Ils ont toujours été portés par l’établissement public foncier régional [EPF] pour la commune pour un projet sur la totalité de la Tête de chien comprenant un hôtel avec les villas de France Telecom pour le personnel. On a engagé des travaux mais entre-temps, il y a eu un arrêté Biotope du préfet. Le projet a été réduit à une zone U [constructible] car tout le reste était en zone Biotope.

À partir de là, les choses sont compliquées puisque toutes les demandes de projets d’utilité publique comme les maisons de retraite ou sénioriale et la crèche se heurtaient à un problème: il fallait démolir a minima 7 000 m2 de construction. Sauf que l’Architecte des bâtiments de France ne voulait pas en entendre parler. Le contrat avec l’EPF étant spécifique : il aurait fallu leur rembourser 3,5 millions d’euros en 2021 s’il n’y avait pas de projet. C’est plus de 3/4 du budget de la commune, donc c’est impossible pour nous à moins de multiplier les impôts par 10.

En 2021, sur un coup de hasard, Monsieur Barel a présenté son projet en conseil municipal en plein Covid pour être fait sur la commune de Peille à la place du stand de tir. Et c’est d’ailleurs Monsieur Lopez de l’Appelt qui a dit que ce serait dommage de ne pas le faire à la Tête de Chien. Je lui ai dit sans conviction de voir si son projet pouvait se faire à cet endroit. Après quelque temps, il a dit qu’il pouvait se faire là-bas. L’EPF a décidé de suivre ce projet jusqu’à son terme et de retirer cette date butoir de 2021. Ce projet a la faveur de tout le monde.

Le projet de sanctuarisation n’est pas recevable ?

Pas du tout, parce qu’il n’y a pas de projet puisqu’il n’y a pas de financement.

Et puis, il y a un contrat signé entre l’EPF et Monsieur Barel qui dit qu’il y a un compromis de vente jusqu’à obtention du permis de construire. Si l’autorité environnementale dit ‘‘Ce projet porte atteinte à la faune et à la flore, vous ne pouvez pas déposer votre permis de construire’’, alors il s’arrête.

Et vous rediscuterez du projet de sanctuarisation ?

Et on pourra discuter de tout ce qui permettra à la commune de ne pas sortir 3,5 millions d’euros qu’elle n’a pas.

Ce projet de sanctuarisation arrive-t-il trop tard ?

Bien sûr.

Regrettez-vous cette situation où vous avez un couteau sous la gorge avec l’EPF ?

Il n’y a aucun regret à avoir. Les projets avec l’EPF se sont succédé depuis 2009. À mon arrivée en 2014, j’ai dit aux Turbiasques que ce serait difficile de faire quelque chose à cet endroit. On a cette épée de Damoclès financière au-dessus de la tête. Ce que je regrette, c’est qu’il n’y ait pas de porte de sortie qui dit qu’en cas de changement de statut des terrains – ce qui a été le cas avec l’arrêté Biotope – la commune n’est pas responsable et l’état efface l’ardoise.

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