Blocage des agriculteurs.  » Ils ne veulent pas qu’on monte à Paris ». Les tracteurs de la CR47 bloqués sur le chemin vers Rungis.

Parti lundi matin d’Agen, le convoi a fait escale pour la nuit à Limoges, mais la route pour Paris est compliquée, car le convoi de la Coordination rurale est ralenti par des blocages dans le nord de la Haute-Vienne, près de Bessines. Plusieurs dizaines de tracteurs sont bloqués sur l’A20 et près de 150 sur l’axe secondaire.

Vers 7 heures ce mardi matin, le convoi d’agriculteurs en colère de la Coordination rurale, a été interrompu sur son parcours : bloqué par les forces de l’ordre à hauteur de Bessines-sur-Gartempe sur l’autoroute A20, qu’ils comptaient remonter jusqu’à Rungis, leur destination. 

Le convoi a décidé de contourner le problème en empruntant la sortie 25 (Razès). Une partie des tracteurs a donc quitté l’autoroute. Ils ont de nouveau été arrêtés sur cet axe vers 7 H 30. « Bloqués à Bessines par des escadrons de gendarmerie, après avoir emprunté la départementale », explique José Perez, de la coordination rurale 47, par téléphone. 

« On est partis d’Agen hier, on s’est arrêté à Limoges dormir chez nos amis. On est repartis ce matin à 5 heures. Et 30 km après Limoges : escadron de gendarmerie ! On nous dit ‘vous ne monterez pas à Paris, vous êtes bloqués’, poursuit-il. On a réussi à sortir 150 tracteurs et nous, on est coincés ».

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Plusieurs dizaines de tracteurs venus d’Agen, de Bergerac et de Périgueux avaient été rejoints par des agriculteurs de Haute-Vienne et de Creuse à l’appel de la Coordination rurale. Le chemin vers Paris et le blocage de Rungis semblait déjà tout tracé.

Voilà comment sont considérés les agriculteurs dans ce pays ! A grands coups de blindés !!

José Perez

Président de la coordination Rurale du Lot-et-Garonne (CR47)

 « Nous, Paris, c’était un symbole fort. Pour remonter nos revendications, se faire entendre. C’était un beau convoi. On a été acclamés tout au long de notre parcours… ». Les agriculteurs visaient le marché international de Rungis, qui alimente les professionnels de toute l’Ile-de-France. Les premières annonces du Premier ministre Attal n’ayant pas suffi à calmer leur colère. 

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Vers 7 h 30 ce mardi, il était question d’essayer de négocier pour qu’une délégation se rende à Paris. D’importants ralentissements sont signalés par la préfecture : « La RD 220 est à éviter au niveau de Bessines-sur-Gartempe dans les deux sens. »

L’enjeu pour la Coordination rurale est de taille. Ce départ pour Paris, c’était « pour obtenir quelque chose », soulignaient encore lundi les membres du syndicat.  Le président de la CR47 rappelle qu’ils veulent obtenir plus de « trésorerie, des reports d’encours bancaires, des prises en charge des cotisations », mais aussi des suppressions de taxes.

Désormais bloqué sur son tracteur, José Perez fulmine, tout en regrettant le manque de considération, selon lui, affiché par le gouvernement. « On trouve anormal de se faire recevoir comme ça », poursuit-il. C’est la vision qu’a l’État de ses agriculteurs. Le Premier ministre ne voit pas les choses comme nous : il s’en fout de ses agriculteurs ».

Jusqu’à présent, les agriculteurs avaient bénéficié de l’indulgence des forces de l’ordre. Mais la donne change à l’approche de la capitale : 15 000 membres des forces de l’ordre sont mobilisées pour empêcher le blocage de Paris et du marché de Rungis.

Pour l’heure, même si les deux convois semblent bloqués dans leur élan vers Paris, les agriculteurs restent optimistes « On espère que ça va se débloquer, qu’ils vont nous laisser passer, monter tranquillement jusqu’à Paris sur l’autoroute en étant en sécurité, tout le convoi… »

De nouvelles annonces gouvernementales sont attendues dans la journée.


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