Branches techniques en Guinée : Madédé Koivogui victime de ségrégation dans les ateliers, raconte son calvaire

Madédé Koivogui, chaudronnière de formation dénonce avec fermeté, les difficultés au combien multiples que la junte féminine rencontre à nos jours dans la pratique des métiers souvent dédiés aux hommes. La chaudronnerie, la maçonnerie, la peinture, la menuiserie, sont entre autres métiers ou branches techniques qui comptabilisent peu de femmes dans les ateliers. Une pratique contre laquelle se lève dame Koivogui afin de voir ses semblables rétablies dans leurs droits de travail. Formée au CFP-Matoto, Madédé était l’invitée de l’émission ‘’Opinions Croisées’’ de ce mercredi, 18 Mai 2022 à la radio nationale, la 88.5 Fm.

Lisez son calvaire, les difficultés rencontrées dans les différents ateliers et usine qu’elle a fréquentés après sa formation. Madédé Koivogui….

« …Après ma formation à Matoto, j’ai tapé à beaucoup de portes pour me permettre de mettre en pratique ce que je sais faire mais, hélas, je n’ai jamais eu gain de cause. J’ai été rejetée par exemple à la SODEFA de Coyah où un chinois m’a fait savoir que je suis femme, je n’ai aucune place dans son usine, ce jour-là, j’ai fondu en larmes.

De là, je suis venue voir à la CBK de Matoto, on m’a dit que si je n’ai pas de parents là-bas pour m’appuyer, je n’ai aucune chance d’y travailler, cela m’a été rapporté par une femme russe. Ce jour-là, je suis rentrée à la maison avec un moral très bas mais sans relâcher.

Aujourd’hui, je travaille dans un atelier quand même Dieu merci mais, là, je suis stagiaire depuis maintenant un an. Je ne veux pas continuer à être stagiaire, je veux un salaire ou moi-même ouvrir mon propre atelier. En tout, c’est une pratique (ségrégation) que je condamne c’est pourquoi, je me lève contre afin de défendre ces milliers de femmes comme moi qui souffrent du même souci… »

En plus de ces particuliers, Madédé Koivogui a été deux fois voir le ministre actuel de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Dans ce département, elle n’a jamais été reçue pour être écoutée, nous raconte-t-elle.

« …Je suis allée voir le ministre Alpha Bacar Barry de l’enseignement technique, comme c’est lui notre tutelle, on s’était vu mais, il n’a pas eu le temps de me recevoir, pour la deuxième fois, sa secrétaire m’a dit que le ministre ne peut pas me recevoir. C’est lui qui a agi ainsi ou pas, en tout cas c’est ce message qui m’a été transmis malheureusement ». S’offusque Madédé Koivogui.

« Je ne sais plus quoi faire c’est pourquoi, je commence à communiquer dans les radios et sur les autres médias afin de que le Président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya puisse m’entendre sur ce problème et je ferai tout d’ailleurs pour lui rencontrer afin de prendre ses dispositions contre ce fléau ». Prophétise l’invitée.

En Guinée, l’accès à l’emploi concernant notamment, les métiers physiques, est un véritable casse-tête pour la junte féminine. Partout, elles rencontrent pas mal de difficultés à accéder à un emploi au même titre que les hommes.

Pourquoi cette ségrégation, ces femmes ne sont-elles pas capables comme les hommes, qu’est-ce qui freine cet élan d’équité dans notre pays ? Telle a été la thématique débattue dans l’émission Opinions Croisées à laquelle Madédé Koivogui était l’invitée.

Nous y reviendrons !

Taban SYLLA-62610 39 73

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