Burna Boy, le Nigérian qui fait danser la planète

Par Lucas Minisini

Publié le 17 décembre 2021 à 00h29 – Mis à jour le 17 décembre 2021 à 15h23

Tout le monde connaît par cœur les paroles du titre Anybody. Peu importe qu’elles soient en anglais et en yoruba, l’une des trois principales langues du Nigeria. « Money soon expecting/Je kawon padi eh jen be » (« L’argent va bientôt rentrer/Fais-en profiter tes proches »), s’époumonent plus de 20 000 fans, majoritairement jeunes, branchés, noirs et blancs. Un public d’une grande diversité.

A Paris, dans la fosse de l’AccorHotels Arena, complet ce soir du 10 novembre, bras et smartphones sont tendus vers la scène : veste Louis Vuitton, tee-shirt orné du visage de la Joconde, Burna Boy sautille, micro en main. « Souvenez-vous que vous étiez africains avant tout le reste ! », clame le chanteur devant un écran géant, où se croisent extraits de clips et images d’archives. Elles racontent la fondation du Nigeria, vaste territoire d’Afrique de l’Ouest acheté par l’Empire britannique à la Royal Niger Company en 1899.

Une mise en scène soutenue par une trentaine de musiciens, des choristes et des geysers de confettis. Sur le bord de la scène, le rappeur français Orelsan filme quelques images de ces deux heures quarante-cinq minutes de spectacle. Sont aussi invités des footballeurs, comme l’international allemand Jérôme Boateng et l’ancien attaquant français Djibril Cissé, et des artistes, telle la célèbre chanteuse béninoise Angélique Kidjo. Une fois la performance terminée, ce petit monde attend en coulisses, massé devant un ascenseur, de pouvoir aller saluer l’artiste nigérian dans sa loge.

« Même Michael Jackson n’aurait pas osé »

« Je suis une rockstar », déclare Damini Ebunoluwa Ogulu, alias Burna Boy, 30 ans, dans la suite ocre d’un hôtel cinq étoiles, près des Champs-Elysées, au lendemain du concert. Il est 22 heures, l’artiste, qui a choisi comme pseudo un nom de « super-héros » inventé lorsqu’il était enfant, a toujours ses lunettes de soleil sur le nez. Un garde du corps, un membre de son équipe de management et une attachée de presse seront présents pendant tout l’entretien. Les règles ont été fixées quelques minutes plus tôt : pas d’énième question sur Beyoncé – avec qui il a collaboré sur la bande originale du remake du film Le Roi Lion, de Jon Favreau, en 2019 – ni sur la politique et encore moins sur « ce qu’il fume ».

Le chanteur nigérian a pu prendre la mesure de sa célébrité en 2016, quand il s’est jeté en plein concert dans la foule à Surelere, au sud de son pays, et a été porté en triomphe par plusieurs milliers de fans. « Je pense que même Michael Jackson n’aurait pas osé se jeter sur le public dans un tel endroit », sourit-il, fier de sa comparaison, une botte Balenciaga posée sur la table basse. Depuis ce saut dans le vide, il a sorti cinq disques en trois ans. Outside (2018) et African Giant (2019) ont été multiprimés et, avec Twice as Tall (2020), produit par le célèbre rappeur Puff Daddy (qui se fait désormais appeler LOVE), le chanteur a remporté le Grammy Award du meilleur album de musique du monde en 2021.

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