La Côte d’Ivoire poursuit sa folle épopée. Les Éléphants se sont qualifiés mercredi à Abidjan pour la finale de la 34e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football en battant en demi-finale 1-0 les Léopards de la République démocratique du Congo (RDC). L’unique but de la partie a été marqué par Sébastien Haller à la 65e de jeu. En finale, la Côte d’Ivoire sera opposée dimanche au Nigeria vainqueur de l’Afrique du Sud aux tirs au but (4-2) après un nul (1-1) au terme de 120 minutes de jeu.
Déjà sacrée championne d’Afrique en 1992 et 2015, la Côte d’Ivoire tentera dimanche de remporter un troisième titre à la CAN. Un défi de taille pour Emerse Faé, le sélectionneur par intérim des Éléphants, intronisé après la cinglante défaite des Éléphants face à la Guinée équatoriale. L’ancien joueur du FC Nantes et de l’OGC Nice a resserré les boulons et transformé la Côte d’Ivoire, peut-être l’homme de cette CAN, s’il fallait n’en choisir qu’un.
À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle
Pour sa Coupe d’Afrique des Nations, la Côte d’Ivoire s’est mis une grande pression et a affiché ses ambitions au grand jour. Après une victoire plus poussive qu’anticipée face à la Guinée-Bissau, les défaites face au Nigeria (1-0), puis surtout contre la Guinée équatoriale (4-0) ont poussé les Éléphants au bord de l’élimination. Une situation délicate qui a précipité le départ du titulaire du poste le Français Jean-Louis Gasset. Dos au mur, et étant donné l’impossibilité de signer Hervé Renard en urgence, le choix s’est porté sur Emerse Faé accompagné de Guy Demel, deux internationaux de la génération dorée déjà membres du staff ivoirien. L’électrochoc a été immédiat. « Depuis que j’ai commencé mon intérim, mon discours a été ça : j’ai un groupe de 27 joueurs. Et je leur ai fait comprendre que je comptais sur tout le monde. Ils ont adhéré au discours, pour moi, un remplaçant qui est dans l’état d’esprit, il va apporter. Ils ont compris que c’était à 27 joueurs qu’on gagnait la CAN. » Une des qualités du nouveau coach est sa capacité d’interprétation d’une situation face aux ajustements à opérer en cours de jeu. On pense notamment au milieu de terrain où des choix s’imposaient en raison de l’absence d’une véritable sentinelle devant la défense, ce à quoi Faé répondra par le retour de Jean-Michel Séri dès son premier match à la tête des Éléphants.
Une gestion inclusive couplée à une lecture impressionnante de chaque situation
Du huitième face au Sénégal, à la demi-finale contre la RDC, Emerse Faé n’a pas hésité à faire des choix très forts, comme sortir Seko Fofana en début de 2e mi-temps à deux reprises, alors qu’il joue la totalité des 120 minutes contre le Mali. De même pour un Kessié, remplaçant contre le Sénégal, ou un Ibrahim Sangaré, qui n’est pas entré en jeu contre le Mali. Une gestion dont l’objectif est de placer le collectif au-dessus de tout, paramètre crucial pour une équipe à l’effectif dense et aux ambitions de victoire finale. « On a vu, j’ai fait plusieurs changements entre chaque match et pendant les matchs et j’ai la chance qu’ils marchent à chaque fois. J’aime bien concerner tout le monde, même celui en tribune à un rôle », a-t-il expliqué. Avant la demi-finale, il avait promis de faire le nécessaire pour éviter de courir après le résultat à l’exemple des matchs contre le Sénégal ou le Mali. Résultat ? Titularisations de Simon Adingra et Sebastien Haller, également fin prêts. Face à la RDC, les Éléphants ont réalisé leur prestation la plus aboutie du tournoi, prenant le jeu à leur compte et démontrant une supériorité sur une vaillante équipe des Léopards. Dernière surprise, l’entrée de Lazare Amani en demi-finale, qui a impressionné pour ses premières minutes dans le tournoi : « Je savais que la RDC laissait des espaces entre les défenseurs et les 4 milieux. Et je savais que lui a un profil pour exploiter cette faille justement. Depuis le début, c’est un discours pour dire que tous les joueurs sont importants. » À la suite de la rencontre, beaucoup se demandaient pourquoi s’agissait-il de sa première apparition dans ce tournoi.
L’homme de la situation pour l’après-CAN ?
La CAN des Ivoiriens est « gâtée » depuis bien longtemps. C’est avec cet état d’esprit libéré, mais aussi avec l’obligation de donner le meilleur d’eux-mêmes aux supporteurs que les Éléphants ont trouvé des ressources mentales insoupçonnées, pour obtenir des résultats probants. Iront-ils jusqu’au bout ? D’autant qu’ils devront de nouveau faire face au Nigeria, dont la transformation s’est accélérée au fur et à mesure des rencontres. Dans tous les cas, cette finale opposera bel et bien les deux meilleures équipes de la compétition. De plus, avec une forte communauté nigériane, les Super Eagles peuvent se targuer de jouer comme à domicile depuis le début du tournoi. En dépit du résultat de cette finale, Emerse Faé a démontré les qualités requises pour se voir offrir l’opportunité d’être confirmé comme sélectionneur des Éléphants après la CAN. Ce qui ne serait que sa première expérience à ce niveau pour lui qui fut entraîneur en moins de 19 ans à Nice et coach de la réserve à Clermont. Conscient de l’approche managériale nécessaire pour impliquer tout son monde, gérer les ego et mettre l’unité au-dessus de l’individualité, l’ancien joueur du FC Nantes et de l’OGC Nice semble bel et bien être l’homme fort pour guider cette génération de joueurs ivoiriens. Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers Abidjan. La Côte d’Ivoire va-t-elle remporter sa troisième Coupe d’Afrique des nations à domicile ou le Nigeria arrachera-t-il sa quatrième étoile ? Réponse dimanche.
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