CAN 2024 : loin des tribunaux, des polémiques et de la France, Youcef Atal veut briller avec l’Algérie

On l’avait quitté le 18 décembre au tribunal de Nice (Alpes-Maritimes) tout de noir vêtu, tête baissée et prostré sur le banc des accusés. À chaque demande d’explication du parquet et des plaignants, Youcef Atal répétait plus ou moins la même formule en guise d’excuses. En lieu et place d’un prêche antisémite appelant à la fin « Dieu à envoyer un jour noir sur les juifs », il pensait simplement envoyer « un message de paix », jurant ne pas avoir regardé la vidéo jusqu’au bout, même si elle ne dure que 35 secondes.

Une condamnation (à 8 mois de prison avec sursis pour provocation à la haine) et un recours plus tard, Youcef Atal va reprendre ce lundi sa vie de footballeur de haut niveau. Le latéral droit (29 sélections, 2 buts) devrait débuter comme titulaire avec l’Algérie pour l’entrée en lice des Fennecs dans la CAN face à l’Angola ce lundi (21 heures, BeIN Sports). S’il a été suspendu sept matchs par la LFP après son dérapage et donc privé de match avec son équipe de l’OGC Nice, le défenseur a toujours conservé la confiance de sa sélection et de ses concitoyens.

Mi-octobre, juste après la révélation des faits, alors que la direction des Aiglons décidait de le suspendre en attente de la décision de la commission de discipline, un hashtag « Nous sommes tous Youcef Atal » avait suscité une grande adhésion sur les réseaux sociaux. Victime d’une atteinte à la liberté d’expression pour uns, auteur d’une simple maladresse pour les autres, Atal avait alors pu compter sur un soutien populaire sans failles.

« Pas la même géopolitique que nous »

À Alger, comme ailleurs, une grande partie de l’opinion publique estime qu’un certain nombre d’États occidentaux dont la France se rendent coupable d’une indignation à géométrie variable face aux drames en cours depuis le 7 octobre dans le cadre de la guerre entre Israël et le Hamas. Et que dans cette histoire, Atal ne serait qu’un bouc émissaire.

Ce contexte, très sensible, l’avocat du joueur a tenu à le mettre en avant durant le procès. Son client « ne vit pas dans la même géopolitique que nous », avait alors indiqué Antoine Vey. Ce que les drapeaux palestiniens brandis par les héros marocains lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar étaient déjà venus rappeler l’hiver dernier.

« Je ne suis pas inquiet, car je n’ai rien fait de grave »

Au sein de la sélection non plus, pas question de réprimander Atal. À l’image de certains joueurs, l’emblématique entraîneur Djamel Belmadi a refusé de qualifier son comportement. S’engageant même à l’accompagner du mieux possible face à la tempête traversée de l’autre côté de la Méditerranée. Et ce en vue de la CAN.

Mi-novembre, le sélectionneur l’a ainsi fait démarrer les deux rencontres comptant pour les éliminatoires du Mondial 2026. Le 22 décembre, le Niçois fut le premier international à rejoindre le centre d’entraînement national de Sidi Moussa. « J’ai reçu beaucoup de messages du peuple algérien. Ça m’a donné de la force. Je ne suis pas inquiet, car je n’ai rien fait de grave. Je voulais juste être solidaire avec le peuple palestinien », glissait alors l’intéressé dans le hall de l’aéroport d’Alger.

Depuis, le latéral à la technique léchée a enchaîné les deux matchs de préparation et espère être l’un des hommes forts des Fennecs en Côte d’Ivoire. En 2019, il avait fait partie du groupe vainqueur de la CAN mais avec le souvenir douloureux d’avoir dû quitter ses copains sur blessure dès les quarts de finale.

Encore un joueur niçois après le mercato hivernal ?

L’OGC Nice scrutera forcément les performances de cet élément important. Difficile à l’heure actuelle de savoir si ce dernier a des chances de refouler la pelouse de l’Allianz Riviera en février, maintenant qu’il a purgé sa sanction en Ligue 1, ou si la direction des Aiglons cherche d’ores et déjà à se séparer d’un salarié en fin de contrat en juin. « On verra à son retour, il reviendra pour faire partie du groupe. Mais pour l’instant, ce mois-ci, c’est la CAN. Et on verra quels seront les développements par la suite », s’est contenté de déclarer récemment le coach Francesco Farioli.

Le combat judiciaire d’Atal n’est en tout cas pas terminé. L’homme de 27 ans décidé de faire appel de sa condamnation (huit mois de prison avec sursis et 45 000 euros d’amende) pour provocation à la haine — le chef d’« apologie du terrorisme » n’a finalement pas été retenu. Décrit cet automne comme « triste et dévasté » par son capitaine niçois Dante, il se montre déterminé à défendre son honneur. Le 23 décembre, on pouvait ainsi lire ceci, toujours sur son compte Instagram : « Ce qui ne tue pas rend plus fort. Hamdulilah (Dieu soit loué). »

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