Ce que la Ville veut faire pour le sport à Saint-Malo

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Les volleyeurs malouins, qui évoluent en N3, ici en plein tournoi préparatoire au championnat, samedi 23 septembre, dans la salle de Marville.  ©Le Pays Malouin / B.R. 

Dans quels équipements sportifs la Ville de Saint-Malo va-t-elle investir d’ici à 2026 ? Comment peut-elle faire de la cité corsaire un grand terrain de sports à ciel ouvert ? Après les Assises du sport, une feuille de route est désormais tracée…

Les projets d’ici à 2026…

Pas trop de surprises concernant les investissements sportifs de la Ville pour la fin du mandat en cours, confirmés lors de la restitution des Assises du sport, samedi 23 septembre 2023. 

Le plus gros projet à concrétiser d’ici à 2026 est la construction d’une salle de gymnastique sportive, rythmique et cirque pour le complexe Duguay-Trouin à Paramé. Coût évalué par le cabinet Noga : 7,6 millions d’euros.

Autre chantier prioritaire déjà entamé, à La Découverte : la construction d’une salle multisports, sur le site de l’actuel Intermarché, pour les scolaires et les pratiquants de la JA (5,4 millions d’euros). 

Des études pour la construction d’un nouveau centre nautique à la cale du Davier seront lancées (760 000€). La réfection des courts de tennis à Marville, avec éclairage LED, comptera pour 383 000€.

Si tout cela est mené à bien, cela ferait passer à 4,7 M€ par an l’investissement municipal en faveur du sport de 2023 à 2026 (contre 2,1 M€ entre 2017 et 2022). 

… et les priorités jusqu’en 2035

La Ville se projette sur les mandats suivants avec 24 millions d’euros d’investissements à répartir jusqu’en 2035. Ceci pour construire un centre nautique à la cale du Davier (2,1 M€) ; rénover la salle de sports de Rocabey, particulièrement vétuste (4,5 M€) ; aménager un site pour le padel / beach tennis (1 M€) ; prévoir un nouveau terrain de pétanque couvert (350 000€) ; à prévoir aussi pour le nautisme, 1,26 M€ pour le site des Mouettes (Rochebonne) et 7,6 M€ pour un centre digne de ce nom à l’ancienne piscine du Naye.

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Reste un gros morceau pour le XV Corsaire et l’USSM, demandeurs depuis des années. Les contours d’un éventuel projet restent extrêmement flous. Si on se contente d’un stade de rugby de 750 places, cela coûterait 7,8 M€. Si on envisage plutôt un stade évolutif rugby – football avec deux tribunes de 1 500 places et équipements au diapason, la note peut aller jusqu’à 28 M€.

Bref, autant dire que Saint-Malo est loin d’avoir tranché sur ce dossier serpent de mer… 

Des travaux qui vont s’imposer

La Ville va devoir se conformer au décret qui impose une réduction progressive de la consommation d’énergie des bâtiments à usage tertiaire. Dès 2030, il faudra atteindre – 40 % (par rapport à 2010). Et – 60 % en 2050. Pour les locaux sportifs municipaux malouins, le cabinet Noga a évalué la facture à 6,6 M€, et une telle somme ne parviendra même pas à atteindre tous les objectifs requis sur tous les équipements. 

Les Assises du sport, c’est quoi ?

C’est une démarche initiée par la municipalité de Saint-Malo qui a débuté par un diagnostic des équipements sportifs malouins en 2022. Il y en a 156, soit 31,4 pour 10 000 habitants, taux qui classe Saint-Malo 30e sur 76 villes françaises de 40 000 à 55 000 habitants.
Même si les terrains de boules pèsent lourd (il y en a pas moins de 32 répartis en ville !), les infrastructures sportives malouines sont plutôt diversifiées, estime le cabinet d’études Mouvens. Mais, comme ailleurs, elles ne sont pas de première fraîcheur : 40 % ont été construites avant 1985 et seulement 16 % depuis 2005.
De plus, elles ne suffisent pas : sur les 87 associations ayant participé à la première enquête, 27 avaient exprimé le besoin de créneaux supplémentaires.
Les Assises du sport ont donné lieu à « un temps de travail collectif et participatif », le samedi 28 janvier 2023, avec une centaine de participants. Et à une restitution qui s’est tenue le samedi 23 septembre en présence de représentants de 41 associations. L’occasion pour la municipalité de tracer une feuille de route jusqu’à la fin du mandat… mais aussi jusqu’à 2035. 

Du « design actif » dans la ville…

Pour encourager sa population à faire plus de sport en autonomie, Saint-Malo peut miser sur son cadre naturel enchanteur… mais aussi sur son espace urbain.

Plutôt que de multiplier les City stades, elle pourrait s’inspirer du « design actif », qui consiste « à aménager l’espace et les bâtiments publics existants pour inciter à bouger de manière libre et spontanée ».

Cela s’est développé notamment en Europe du Nord, avec du mobilier urbain ou des trames au sol ou sur les murs, colorées ou non, invitant au mouvement. Cela peut être aussi, tout simplement, un sac de boxe sur un poteau. Reste à trouver les bonnes idées pour Saint-Malo

En attendant, des projets sont actés : un nouveau parcours santé au parc de la Briantais ; « l’aménagement et la digitalisation de boucles de running / marche dans la ville » accessibles via Internet ; une meilleure communication sur les équipements sportifs existants en accès libre

… à la pratique dans les cours de récréation ?

Autre piste évoquée lors des Assises du sport, l’aménagement des cours de récréation. L’idée serait non seulement de les configurer pour qu’elles soient plus propices au sport, mais aussi de permettre d’y pratiquer sur des créneaux en dehors du temps scolaire.

« Cela ne sera pas possible partout, notamment à cause des risques d’intrusion », tempère Matthieu Dorosz, du cabinet Mouvens. Mais cette alternative vaut la peine d’être explorée « car cela limite l’artificialisation de m2 supplémentaires pour la pratique du sport ».

L’Agence nationale du sport a lancé un appel à projets pour des « cours de récréation actives », il y a donc potentiellement des aides financières à saisir. 

Du changement dans les subventions

Les bénévoles des clubs l’ont unanimement demandé : il faut simplifier le dépôt des dossiers de subvention.

« C’est déjà engagé, souligne Abel Kinié, adjoint en charge des sports. 50 % des demandes pour 2024 ont été faites en ligne. » Cette dématérialisation passe par des formations dédiées et un « coffre-fort numérique », « qui permet de sécuriser les documents transmis et en terminer avec les mails perdus », se réjouit Christophe Jaffrelot, directeur du service des sports. Celui-ci propose aussi des ateliers « haut-niveau » et « emploi sportif » jusqu’à fin 2023.

La Ville verse plus d’1,5 million de subventions annuelles aux clubs, dont plus de la moitié en faveur d’un emploi salarié. Ce montant global n’est pas remis en question, mais il est envisagé de simplifier les formules de calcul pour l’aide à l’emploi. Abel Kinié veut aussi « favoriser la création de nouveaux emplois salariés avec le soutien de la Ville, ce qui est actuellement très difficile ». 

De nouveaux critères de subvention seront aussi intégrés. Ils viendront soutenir les efforts environnementaux, mais aussi en faveur de l’inclusion, pour la pratique sportive des personnes en situation de handicap et pour que celles-ci puissent assister aux performances et aux événements.

Enfin, pour encourager les 15/18 ans, encore trop peu à se licencier à Saint-Malo, ils bénéficieront d’une aide accrue de la Ville, sans condition de revenu. 

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