ce qu’il faut savoir sur Bassirou Diomaye Faye, devenu le 5e président du pays

En costume bleu, le verbe et l’allure assurés, Bassirou Diomaye Faye a prêté serment mardi 2 avril, devenant le 5e président du Sénégal, devant des centaines d’officiels sénégalais et plusieurs chefs d’État et dirigeants africains au Centre des expositions de la ville nouvelle de Diamniadio, près de Dakar.

Il a juré, « devant Dieu et devant la Nation sénégalaise, de remplir fidèlement la charge de président de la République du Sénégal », de défendre « l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale, de ne ménager enfin aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine ».

Moins de trois semaines après être sorti de prison

Jamais élu auparavant, Faye est devenu à 44 ans le plus jeune président du pays ouest-africain depuis l’indépendance en 1960, moins de trois semaines après être sorti de prison.

Dans une brève allocution après son serment, il s’est dit « conscient » que sa large victoire dès le premier tour de la présidentielle du 24 mars exprimait « un profond désir de changement systémique ».

Il a évoqué les trois années de troubles qui ont précédé son élection, avec à la clé des dizaines de morts et des centaines d’arrestations. Il a assuré qu’il conserverait à l’esprit les sacrifices consentis par les « martyrs de la démocratie, amputés, blessés et anciens prisonniers […] afin de ne jamais vous décevoir ».

Faye succède pour cinq ans à Macky Sall, 62 ans, qui a dirigé le pays de 18 millions d’habitants pendant 12 années et maintenu des relations fortes avec l’Occident et la France tout en diversifiant les partenariats.

Le renouveau de la classe politique sénégalaise

Cette alternance par les urnes, la troisième dans l’histoire du Sénégal, marque la fin d’un bras de fer de trois ans entre Sall et le duo gagnant de la présidentielle du 24 mars : Faye et celui qui, disqualifié, l’a adoubé, Ousmane Sonko, présent aux premiers rangs mardi.

Surnommé « Diomaye » (« l’honorable » en sérère), Bassirou Diomaye Faye est musulman pratiquant et marié à deux femmes, également présentes à son investiture. Premier président sénégalais polygame, il a quatre enfants.

La promesse de la rupture, l’onction d’Ousmane Sonko et l’apparente humilité de cette personnalité issue d’un milieu modeste et éduqué l’ont conduit à une victoire éclatante au premier tour de la présidentielle avec 54,28 % des voix.

Coût de la vie, chômage et corruption

Haut fonctionnaire de l’administration des impôts, qui a gravi discrètement les échelons dans l’ombre de Sonko, Faye a mentionné ses chantiers prioritaires après sa victoire : « baisse du coût de la vie » , « lutte contre la corruption » et « réconciliation nationale ».

Ne disposant pas de majorité à l’Assemblée, il devrait être contraint de former des alliances pour faire adopter des lois avant une éventuelle dissolution.

Il est particulièrement attendu sur le front de l’emploi, dans un pays où 75 % de la population a moins de 35 ans et où le taux de chômage est officiellement de 20 %, poussant des jeunes, de plus en plus nombreux, à fuir la pauvreté et à entreprendre un périlleux périple vers l’Europe.

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