Ce qu’il faut savoir sur El Niño, le courant chaud de retour après sept ans d’absence

◾ Qu’est-ce que ce phénomène météorologique?

«C’est le résultat d’un changement rapide et substantiel aussi bien dans l’atmosphère et dans les océans», résume Wilfran Moufouma Okia, responsable de l’organisation météorologique mondiale (OMM). Selon l’OMM, les chances que ce courant chaud se maintienne jusqu’à la fin de l’année avoisinent les 90%.

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Ce courant chaud est habituellement observé tous les deux à sept ans et dure en principe neuf à douze mois. Mais l’OMM ne peut pour le moment pas anticiper cette durée. Les effets se font souvent ressentir avec plusieurs mois de décalage et sont habituellement inverses à ceux du courant froid La Niña.

◾ Quelles seront les conséquences de ce courant chaud?

«L’arrivée d’El Niño va largement augmenter la probabilité de nouveaux records de températures et de nouvelles chaleurs extrêmes dans de nombreuses parties du monde», prévient le secrétaire général de l’OMM Petteri Taalas. El Niño exacerbe les sécheresses dans des territoires comme l’Australie, une partie de l’Asie, l’Amérique centrale ou encore le nord de l’Amérique centrale. A l’inverse, il provoque des précipitations importantes et des inondations dans plusieurs régions comme une partie des continents américain, africain et asiatique, de même que dans le sud de l’Amérique du Sud.

Certains scientifiques craignent que le courant El Niño ne soit plus puissant qu’annoncé, souligne la revue Nature. Des météorologues et responsables de la préparation aux situations d’urgence craignent d’éventuelles inondations et sécheresses, ainsi qu’une hausse record des températures planétaires. Le nouvel El Niño pourrait également faciliter la propagation de maladies transmises par les moustiques, telles que Zika et le chikungunya.

◾ Quels ont été les dégâts la dernière fois?

L’année 2016 est la plus chaude qui ait jamais été observée en raison de la combinaison entre El Niño – d’une intensité la plus importante qui ait été identifiée jusqu’à présent – et le changement climatique. El Niño avait notamment provoqué un réchauffement des températures des océans dans le Pacifique tropical central et oriental.

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Certaines régions avaient estimé qu’un épisode avait également eu lieu en 2018 et 2019, mais l’OMM ne l’avait alors pas déclaré en raison d’un manque de consensus scientifique.

◾ Son arrivée a-t-elle été anticipée?

Début mai, l’organisation avait déjà demandé aux gouvernements de se préparer à l’arrivée d’El Niño – après la fin d’un épisode La Niña qui avait duré trois ans et avait limité le réchauffement l’année dernière. Il faut limiter «les impacts pour notre santé, nos écosystèmes et nos économies», insiste l’OMM.

A la demande du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, l’OMM est en première ligne pour armer tous les pays, notamment ceux en développement, d’un système contre ce problème d’ici 2027. L’organisation a déjà lancé un dispositif et estime que plus de 100 millions de personnes sont mieux protégées grâce aux efforts menés l’année dernière. Près de 290 millions au total devraient l’être dans les prochaines années.


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