Au 7e étage du collège FANB, dans un des laboratoires de SVT, une dizaine d’élèves attend impatiemment de dévoiler son projet couvé depuis le début de l’année scolaire. Ce projet, c’est une carte géante de la Principauté [voir photo] réalisée par 120 élèves et cinq classes de l’établissement monégasque. Elle répertorie et met en lumière des métiers éco-responsables de Monaco. Sur des planches de bois recyclé, les élèves de Murielle Lestini ont dessiné, peint et confectionné de petits objets à partir de pâte à modeler qui situent géographiquement ces militants de l’environnement.
« Chaque classe est allée voir une personne qui est dans un petit espace mais qui fait quelque chose de bien pour l’environnement », retrace Clémence qui pointe du doigt une zone sur la carte. « Par exemple, on est allés voir un potager, et pour représenter l’activité de cette personne, on a réalisé des petits légumes en pâte à modeler. » Réunis autour de leur œuvre, chacun tente de partager un savoir acquis. « Cela nous évite de partir à des kilomètres pour cueillir des fruits et des légumes », surenchérit une autre élève.
Petit plus et pas des moindres, chaque métier présent sur la carte possède un QR code à proximité qui, une fois scanné, renvoie à une interview filmée menée par les élèves auprès de la personne concernée. C’est le cas notamment de Terrae et Jessica Sbaraglia qui aménage et tient des potagers au cœur de la Principauté, à qui les enfants ont posé une vingtaine de questions caméra en main.
« Il ne faut surtout pas en faire des éco-anxieux »
Si plusieurs classes ont travaillé sur ce projet avec différents itinéraires de métiers à découvrir, celle de Murielle Lestini a suivi son propre chemin avec une dizaine de lieux visités. Parmi eux, on note les ruches connectées installées notamment sur le toit du musée des Timbres et des Monnaies de Monaco, la Distillerie de Monaco… Une démarche primordiale aux yeux de la professeure.
« C’est une génération marquée par le Covid, qui est restée enfermée, rappelle Murielle Lestini. Maintenant ils sortent, et là on leur parle de réchauffement climatique. Il ne faut surtout pas en faire des éco-anxieux mais plutôt des éco-actifs. Et pour être actif, il faut se rendre sur le terrain, voir qu’il y a des personnes qui ont déjà des solutions. »
Tout cela entre dans le cadre du programme scolaire. « Par exemple, pour l’orangeraie qu’on a visitée, je vais leur parler du passage de la fleur au fruit. De la pollinisation, des abeilles. »
Tout au long de l’année jusqu’au terme du concours en mai, plusieurs ateliers et rencontres ont lieu pour favoriser l’échange. Comme une future visioconférence avec Laurent Ballesta, photographe naturaliste et parrain du concours. Ou cette sortie en mer organisée en novembre avec le Yacht-club à l’occasion de la Semaine européenne de la réduction des déchets. « On est allés récupérer des déchets en mer, partage fièrement Nicole. Il y en avait beaucoup, notamment dans le port. »
Un concours porté par « Nous les ambitieuses! »
Chaque année, l’association propose un concours sur un thème donné. Celui de l’an dernier portait sur le harcèlement (et a été remporté par des élèves de FANB). Cette fois, le thème change – il s’intitule « Préservons nos ressources, ambitions citoyennes & environnementales » – mais le principe reste le même.
« Notre volonté est, comme à chaque concours, de pouvoir dialoguer avec la jeunesse mondiale en français sur des thèmes de société, explique Virginie Atlan, présidente de Nous les ambitieuses! On veut recueillir leur vision et la manière dans laquelle ils s’engagent sur ce sujet de société. Ce rendez-vous avec la jeunesse, c’est mettre en avant des solutions imaginées par les plus jeunes. »
Du collège aux grandes écoles, le support peut être différent. « Pour les plus jeunes, on va recueillir un texte, peu importe le mode d’expression: un slam, un rap ou un poème… Tout est pris, on ne veut laisser personne sur le côté. Il y a une vraie liberté d’expression pour les étudiants. »
Quant aux grandes écoles, il s’agit d’un dossier de fin d’étude et d’une projection vers un métier d’avenir. « Cela va leur permettre d’être engagé dans une solution pour lutter contre la pénurie de ressources et la protection de l’océan. Ils vont présenter le métier qu’ils ont choisi, respectueux de l’environnement et de l’océan. »
Un potager parrainé par Marcel Ravin
Un projet peut en cacher un autre. Après avoir visité le potager autosuffisant du chef Marcel Ravin et celui de Jessica Sbaraglia au pied de la tour Odéon, la classe de Murielle Lestini a décidé de fabriquer son propre potager – parrainé par le chef du Blue Bay – au sein de l’établissement scolaire. « Pour préserver les ressources, il faut les connaître, poursuit la professeure de SVT. Savoir comment on les travaille, comment ça pousse. » Chaque lundi soir ou mercredi après-midi, les élèves se retrouvent autour d’un pique-nique organisé par leur professeure avant de mettre les mains dans la terre.
« On est contentes parce que c’est un moment de partage où on est toutes ensemble », se réjouit Clémence. Et cerise sur le gâteau, Murielle Lestini leur a promis d’organiser une dégustation de pan-bagnat en fin d’année avec des légumes récoltés directement du potager.
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