« C’est un vrai marathon » : à Deauville, un début d’année sous le signe du sport aux Franciscaines

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« Quand on voit le nombre de rendez-vous proposés en quatre mois, c’est un vrai marathon », sourit Cyril Le Boulaire, directeur culturel des Franciscaines, à Deauville (Calvados).  

En cette année olympique, le lieu culturel deauvillais ne pouvait pas faire autrement que parler sport. « Deauville est labellisée Terre de jeux, on est labellisé Olympiade culturelle, la ville va accueillir la flamme paralympique : cela faisait beaucoup de bonnes raisons de proposer une programmation faisant la part belle au lien entre les arts et les sports ». 

Le geste sportif s’expose

Pour décliner ce thème sportif, plusieurs expositions seront proposées. À commencer dès le 27 janvier, par celle intitulée « Le sport : pour la beauté du geste ».

Sous le commissariat de Thierry Grillet, cette exposition « propose une analyse du geste sportif, pour sa beauté », présente Annie Madet-Vache, directrice du musée. Une exposition où « tout le monde va y trouver son compte, de l’amateur d’art à celui qui aime le sport ».

Cette exposition révèlera « cette esthétique du geste » à travers huit disciplines sportives : le tennis, le foot, le rugby, la boxe, le saut en hauteur, le plongeon, le tir à l’arc et la course.

Une exposition qui « met en évidence l’aller-retour entre sport et culture, deux mondes qui s’enrichissent constamment l’un l’autre », précise l’équipe des Franciscaines. Pour cela, elle rassemblera une soixantaine d’œuvres d’art, d’images documentaires, de maquettes et de photographies issues notamment des collections de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) et des fonds du journal L’Équipe. Des œuvres d’art classique ou contemporain qui seront réunies sur les deux étages du musée Hambourg. 

Le sport sera au menu d’une autre exposition qui s’installera également aux Franciscaines à partir du 25 mai. Celle-ci explorera « la passion dévorante d’André Hambourg pour le sport ». Activités en plein air sur la plage, sportifs s’élançant en mer pour des régates, épreuves d’escrime, courses hippiques ou courses à pied : ce parcours présentera une sélection de peintures, dessins et croquis réalisés dans l’environnement proche du peintre.

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Comme il a été peintre de la Marine, on verra aussi des œuvres réalisées par exemple sur le porte-hélicoptère Jeanne d’Arc. 

Annie Madet-Vache

S’initier aux danses hip hop

Avec l’envie de « créer des rendez-vous », le directeur culturel a programmé un temps fort autour du breakdance qui fait partie des nouvelles disciplines aux Jeux olympiques.

Pour cela, l’équipe des Franciscaines a invité le Collectif Faire-e qui dirige le Centre chorégraphique national de Rennes. « Ce collectif réunit la fine fleure de la danse hip hop internationale, commente Cyril Le Boulaire. Il y a les meilleurs danseurs des quatre coins de France, mais aussi de Londres, de Belgique et de Suisse ». 

Avec « Wild Cat », le breakdance à l’honneur.   ©Stefani

Ce temps fort se déroulera le 1er mars 2024 en deux temps, en proposant d’abord le workshop Le Dancing, un moment collectif et participatif.

C’est un atelier où les participants viennent s’initier aux différentes danses hip hop proposées comme le freestyle, le break, le voguing… L’esprit est très bienveillant, on peut venir comme on est, l’idée c’est surtout de partager un moment convivial autour des cultures urbaines avec des danseurs de haut vol.

Cyril Le Boulaire

Le soir, le spectacle Wild Cat chorégraphié par Saïdo Lehlouh, l’un des fondateurs du collectif, sera proposé aux Franciscaines. « C’est un spectacle de b-boy, l’ancêtre du break, dont le mouvement rappelle celui d’un chat ». 

Des rendez-vous autour du sport

Le fil rouge du sport sera décliné dans de multiples rendez-vous autour du sport. Notamment le 31 mars, avec le spectacle-performance Le Tir Sacré de Marine Colard, où un duo de danseuses explore les liens entre le geste et le commentaire sportif.

Ce sont deux danseuses incroyables qui s’inspirent des postures athlétiques et réussissent le pari de réunir humour et danse contemporaine. Elles parodient les commentateurs sportifs dans tout ce qu’ils ont d’excessif, de caricatural. C’est très drôle. 

Cyril Le Boulaire

D’autres rencontres en lien avec la thématique sportive complèteront cette programmation comme celle consacrée à « l’invention du corps sportif » par l’historien Georges Vigarello (28 janvier), une autre sur le sport et la politique par Marc Bourhis, le directeur général de la communauté de communes Cœur Côte fleurie (17 février) et une autre encore sur « Deauville, terre de sports » par Yves Aublet (11 mai).

On aura aussi une conférence par Rakajoo (16 mars, ndlr), boxeur et artiste qui fait des choses incroyables.

Annie Madet-Vache

Sans oublier une rencontre entre la cavalière de dressage en lice pour les JO de Paris Maxime Collard et le cavalier de 80 ans François Lucas (11 février), une conférence sur l’histoire des sports équestres par Martine Anstett (21 avril), une conférence-goûter pour les enfants « Drôles de sports » (9 mai) et une autre pour les adultes « C’est pas du sport ! » (10 mai). Les Franciscaines… à fond la forme !

Séance géante de yoga

C’est une nouveauté : dimanche 25 février, le lieu culturel invite Elodie Garamond pour une séance de yoga géante dans le cloître des Franciscaines. « C’est elle qui a fait des séances de yoga sur les Champs-Élysées avec des milliers de personnes, rappelle Annie Madet-Vache. On aimerait qu’il y ait du monde ce jour-là aux Franciscaines ».  Elodie Garamond fera découvrir le Yin Flow Yoga, « une pratique douce et fluide accessible à tous les âges et niveaux ». 

Mais aussi…

Au-delà de la thématique sportive, d’autres temps forts sont à noter pour le programme des Franciscaines, jusqu’en mai. 

Du 2 mars au 26 mai 2024, c’est une exposition-événement qui s’installe aux Franciscaines avec « Zao Wou-ki, les allées de l’autre monde« .

Une exposition monographique inédite consacrée à l’œuvre de l’artiste chinois d’origine et français d’adoption.

On aura toutes les facettes de cet artiste. On connait beaucoup ses peintures, ses aquarelles ou ses travaux sur les encres, mais on connait beaucoup moins son travail sur les céramiques, les porcelaines, la tapisserie ou encore les œuvres monumentales.

Annie Madet-Vache

Sous le commissariat de Gilles Chazal, directeur honoraire du Petit Palais, ce parcours artistique qui explore la « liberté à travers la diversité des expressions plastiques et intellectuelles » sera présenté dans la Cour des expositions.

Pour la première fois, on a une fresque de 10 mètres qui était dans un collège à la Seyne-sur-Mer et qui vient d’être déposée. Elle sera présentée au public, hors de ce collège, pour la première fois…et ça sera aux Franciscaines. Au milieu de l’exposition, on trouvera également son œuvre Hommage à Claude Monet. Grâce à cette œuvre, on est labellisé pour le festival Normandie Impressionniste. 

Annie Madet-Vache

L’un des autres temps forts de cette première partie d’année aux Franciscaines aura lieu le samedi 20 avril 2024 avec le collectif belge de saxophonistes Bl!ndman. Une formation qui explore continuellement les frontières entre les disciplines et les époques. 

Lors de cette journée, deux rendez-vous sont prévus. D’abord un ciné-concert pour les jeunes pendant lequel le collectif accompagnera en musique le film Steamboat Bill, Jr. de Buster Keaton.

Le soir, place à un concert « assez audacieux » où le collectif proposera des arrangements inédits d’œuvres pour orgue de Bach…au saxophone. « Ils y introduisent notamment un tubax, un saxophone contrebasse qu’on entend très rarement ». 

Des résidences de création aux Franciscaines

« Accueillir des artistes en résidence de création pour qu’ils construisent leur spectacle aux Franciscaines, c’est un axe que j’essaye de développer particulièrement », insiste Cyril Le Boulaire. 
Ainsi, pour les premiers mois de l’année, deux résidences de création seront accueillies aux Franciscaines. 
La première concernera la comédienne Anne Brochet et son spectacle Odile et l’eau. « Elle a créé ce spectacle au Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis. Ici, elle va créer une version allégée dans la scénographie ». 
L’autre résidence sera réalisée par des locaux, la Compagnie Sans roi basée à Tourgéville, qui viendra préparer son futur spectacle Sur la route d’Eden. « Sur le coup, il s’agit d’un vrai accompagnement des Franciscaines », insiste le directeur culturel. « C’est un spectacle qui dure une seconde, celle qui précède l’aveu d’un ado amoureux, expliquait cet automne David Guez, co-créateur de la compagnie. On rentre dans son âme, dans son monde intérieur, et on voit la guerre entre ce qui le pousse et le retient à agir pendant qu’il s’apprête à oser ». À l’issue de sa semaine de résidence, la compagnie Sans Roi présentera une étape de travail de sa prochaine création, le 27 avril.

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