« Cette baleine énorme aurait pu nous broyer » : un jeune Parisien a traversé l’Atlantique à la rame
Quand on rencontre Louis Pellet, on a du mal à croire qu’il vient de traverser l’Atlantique à la rame. Grand sourire, frais comme un gardon, le Parisien de 27 ans pourrait presque repartir pour une nouvelle aventure. « Oui, c’est vrai, j’ai récupéré assez vite, mais je peux vous dire que cela a été très dur physiquement, avoue le jeune homme. Je ne pensais pas que je souffrirais autant. »
Avec cinq autres personnes, le natif de Kourou en Guyane française s’est offert une parenthèse dans sa vie professionnelle. Pendant plus de 50 jours, le jeune homme a participé à une aventure à la fois sportive mais aussi écologique.
Un an de préparation
« Tous les dix ans, je me lance un défi personnel, explique le salarié de Circul’R, une start-up qui accompagne les entreprises vers une transition écoresponsable. À 16 ans, j’ai fait mon premier marathon et à 27 ans, je me suis lancé dans ce projet de traverser l’Atlantique à la rame. »
Tout part d’une rencontre avec Patrick Favre (50 ans) en 2017. Ce dernier lui explique qu’il a déjà fait sept traversées avec des novices. Si Louis Pellet a déjà pratiqué la voile, il n’a aucune notion en aviron. « Cela a pris trois ans pour que cette idée germe en moi, raconte-t-il. J’ai recontacté Patrick pour savoir s’il était partant pour refaire une traversée. Il faut dire qu’on venait de connaître le confinement et j’avais envie de donner un sens à cette aventure. »
À bord d’un bateau de 10 m de long et 1,5 m de large, l’équipage constitué de six personnes partira des Canaries pour atteindre la Guadeloupe. « Pour rallier les Canaries, il était hors de question pour moi d’y aller en avion, explique Louis. J’ai fait le trajet en prenant le train (puis en bateau) et j’ai dépensé 55 kg d’équivalent CO2. »
L’équipée part le 31 janvier des Canaries. Divisés en deux groupes de trois rameurs, les six hommes se relaient toutes les deux heures, à raison de 12 heures de rame par jour. « Avant de partir, j’ai demandé à Patrick Pich, un spécialiste des défis sportifs, un programme à la fois athlétique et nutritionnel. Pendant un an, je me suis préparé à ce challenge. Et j’ai bien fait. Même si j’ai eu de la chance car je n’avais pas le mal de mer. »
Une baleine et des daurades au plus près des étoiles
Il faudra 53 jours, 23 heures et 31 minutes à Louis Pellet et ses nouveaux amis pour atteindre la Guadeloupe, le 25 mars. Lors de ce périple inoubliable de près de 5 000 km, le jeune homme s’est fait des souvenirs pour la vie.
Comme cette nuit-là, quelques jours après le départ : « C’était probablement, le moment le plus difficile de la traversée, se remémore Louis. Il devait y avoir des vagues de 4 à 5 m de hauteur. On se faisait bien chahuter. À un moment, je me suis retrouvé dans l’eau. Heureusement, l’un de mes équipiers m’a rattrapé par le pied et m’a ramené dans le bateau. Même si j’en avais conscience, j’ai vraiment réalisé le danger de cette expédition. »
Évidemment, Louis Pellet garde aussi, au fond de lui, ces moments de grâce avec la nature. « On a croisé une baleine énorme, qui sortait de l’océan, raconte Louis. Elle aurait pu nous broyer tellement elle était immense. J’ai vu des centaines de dorades. Mais ce qu’il m’a le plus frappé, c’est la nuit, on voyait les étoiles dans le ciel comme je ne les avais jamais vues. On ne se rend pas compte de la pollution visuelle qu’il y a dans nos villes. »
« Je n’ai perdu qu’un kilo quand les autres ont maigri de dix »
Arrivé en Guadeloupe, Louis avait prévu de rentrer en France en cargo mais, pour des raisons professionnelles, il a dû y renoncer. « Malheureusement, cela n’a pas été possible et j’ai été contraint de rentrer en avion. Du coup, j’ai épuisé ma dépense en bilan carbone pour l’année. »
À son retour, Louis a été accueilli comme un héros pour ses collègues de Circul’R et sa famille. « C’est en rentrant que je me suis aperçu que ma famille était inquiète, rigole Louis. J’avais pourtant bien essayé de les rassurer avant de partir. »
Des proches soulagés de voir que le petit dernier d’une fratrie de quatre enfants n’a pas trop souffert physiquement. « Mon corps a plutôt bien supporté le choc, conclut Louis. En 53 jours, je n’ai perdu qu’un kilo quand les autres ont maigri de dix. »
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