ChatGPT : Sam Altman, le fondateur et PDG d’OpenAI, licencié

Publié le 17 nov. 2023 à 22:51Mis à jour le 18 nov. 2023 à 0:56

Electrochoc pour la Silicon Valley. Sam Altman, le PDG d’OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT, va quitter ses fonctions. La figure de proue de l’IA américaine a été congédiée brutalement par son conseil d’administration vendredi soir. Il est remplacé par Mira Murati, qui exerçait jusqu’à présent les fonctions de directrice de la technologie chez OpenAI.

« Pas toujours honnête »

Le dirigeant a été licencié « après un processus de délibération », selon ce communiqué. « Il n’était pas toujours honnête dans ses communications avec le conseil et limitait ainsi sa capacité à exercer ses responsabilités. Le conseil d’administration n’a plus confiance dans ses capacités à continuer à diriger OpenAI. »

Ce conseil d’administration est composé de quatre membres, dont Ilya Sutskever, le directeur scientifique de l’entreprise. Les trois autres sont le PDG de Quora, Adam D’Angelo, Tasha McCauley, une entrepreneuse mariée à l’acteur américain Joseph Gordon-Levitt, et Helen Toner, la directrice de la stratégie au Center for Security and Emerging Technology à l’université de Georgetown.

Le communiqué indique par ailleurs que Greg Brockman, l’ancien bras droit de Sam Altman, « démissionne de ses fonctions de président du conseil d’administration », mais l’ingénieur conservera en revanche son rôle de président de l’entreprise. Le conseil n’a pas encore indiqué qui le remplacerait en son sein.

Une nouvelle inattendue

Cette nouvelle a surpris jusqu’aux salariés d’OpenAI, qui l’ont découvert au moment où le communiqué a été publié, selon des médias américains. La veille, Sam Altman avait pris la parole lors d’une conférence organisée à San Francisco en parallèle du sommet de l’APEC, qui réunissait une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont Joe Biden et Xi Jinping.

« J’ai adoré le temps que j’ai passé à OpenAI », a réagi Sam Altman sur X (anciennement Twitter). « Cela m’a transformé, et j’espère que cela a transformé le monde un petit peu. J’ai surtout adoré travailler avec des gens aussi talentueux. Je vous dirai plus tard ce que je vais faire ensuite. »

La nouvelle est un coup dur pour Microsoft, qui a investi plus de 13 milliards de dollars dans la start-up. « Nous avons un partenariat à long terme avec OpenAI, et Microsoft reste engagé auprès de Mira et de son équipe », a dit un porte-parole de l’entreprise.

Des modèles inégalés

OpenAI, un laboratoire spécialisé dans l’intelligence artificielle, était peu connu du grand public, jusqu’à la publication de ChatGPT il y a un an. Capable de dialoguer sur des sujets variés avec ses interlocuteurs, ce robot conversationnel aussi puissant que simple d’utilisation a exposé, de façon éclatante, les progrès de l’IA.

Depuis cette date, OpenAI n’a cessé d’améliorer ses modèles et son interface, à un rythme vertigineux. En mai, l’entreprise américaine a publié GPT4, une nouvelle version du moteur qui alimente ChatGPT. Ce modèle, l’un des plus puissants au monde , est capable de raisonner, de répondre avec humour et de résoudre des problèmes scientifiques.

L’entreprise vient d’organiser sa première conférence à destination des développeurs, à début novembre. Les utilisateurs d’OpenAI peuvent désormais façonner leur propre « GPT » à leur image : par exemple, un robot conversationnel spécialisé dans le vin ou dans la meilleure façon de faire la lessive. L’entreprise mise aussi sur des « agents » qui utilisent l’IA pour effectuer des tâches, comme réserver un billet d’avion ou envoyer un message.

Un patron charismatique

La réussite d’OpenAI semblait indissociable de son charismatique patron. Sam Altman, 38 ans, a cofondé l’entreprise en 2015, avec plusieurs figures emblématiques de la Silicon Valley : Elon Musk, le patron de Tesla et de SpaceX, mais aussi Greg Brockman, qui était à l’époque directeur de la technologie chez Stripe, et Ilya Sutskever, un ingénieur spécialisé dans l’IA qui travaillait chez Google Brain.

Sam Altman dirigeait à l’époque le Y Combinator, le célèbre incubateur qui a vu émerger des géants comme Uber, DoorDash, Stripe, Cruise et Instacart. Exceptionnellement, le dirigeant ne possède pas d’actions OpenAI. « J’ai assez d’argent, » a-t-il déclaré lors d’une conférence organisée par Bloomberg en juin, affirmant qu’il dérivait d’autres satisfactions de son rôle, comme sa capacité d’influence.

Depuis un an, Sam Altman se présentait comme le porte-parole de la communauté de l’IA. Il n’hésitait pas à vanter les progrès rendus possibles par cette technologie, mais il mettait également en garde contre des risques existentiels liés à un développement non contrôlé de l’intelligence artificielle. En attendant, le patron continuait de lancer, à toute allure, de nouveaux produits et modèles. Avant d’être stoppé net dans son élan par son conseil d’administration.

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