En 2022, George Russell avait prévenu que Mercedes aurait peut-être besoin de cinq mois pour éradiquer le marsouinage sur sa W13. Le Britannique était loin de la réalité : l’équipe allemande avait mis presque une saison entière pour débarrasser sa machine de ses tremblements compulsifs à haute vitesse. Cette année, la firme à l’Etoile aura demandé cinq Grands Prix de patience à ses pilotes pour croire en un avenir meilleur. Ce week-end, à Monaco, l’équipe de Brackley met en piste une version modifiée de sa W14, sans le concept révolutionnaire « zéro ponton » qu’elle pensait être l’arme fatale au retour des machines à effet de sol, l’an dernier. Monaco, soit dit en passant, est sûrement le pire endroit pour tester une évolution de cette importance, mais la firme à l’Etoile n’avait tellement pas choix après l’annulation d’Imola.
Jusqu’ici, Toto Wolff a loué le stoïcisme de ses pilotes face à l’impasse technique. Pas plus tard qu’au Grand Prix de Miami, il a mis en exergue la « méga performance » de Lewis Hamilton, qualifié 13e et classé sixième, à 51 secondes du vainqueur. Toujours avec « l’impression d’être assis sur les roues avant », en référence à sa position de pilotage avancée. C’est dire à quel point Brackley s’est trompé dans le design du modèle 2023.
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« Chirurgie lourde » pour la W14
En Floride comme sur les autres pistes visitées depuis le début du championnat, la W14 avait pris en moyenne une seconde par tour dans la vue et le septuple champion du monde avait avoué « compter les jours » avant l’introduction de la W14 révisée, prévue en Emilie-Romagne et reportée au Grand Prix de Monaco. Une W14 qui mériterait l’appellation W14B tant les modifications apportées s’annoncent spectaculaires. « Nous sommes en quête d’appui. Nous allons introduire une nouvelle carrosserie, un nouveau plancher et une nouvelle suspension avant : c’est une opération assez large », a teasé le directeur d’équipe autrichien, qui a même parlé de « chirurgie lourde » pour bien se faire comprendre, sur formula1.com.
« Les évolutions que nous apportons vont nous aider à déterminer la direction à prendre et comprendre les différents domaines qui pourraient jouer un rôle clé et pourquoi la voiture est un poison à piloter », ajoute le manager. Rappelé à la direction technique en urgence, James Allison n’a pas choisi de tout changer par plaisir. Il n’avait pas le choix : un nouveau concept exige de recréer une interaction complète entre les différents ensembles d’une monoplace, intimement liés au plan aérodynamique et mécanique.
Hamilton (Mercedes) au Grand Prix d’Arabie saoudite 2023
Crédit: Getty Images
Y voir enfin clair
En soufflerie, l’équipe de Brackley a confié avoir vu des résultats prometteurs, que seule une piste standard comme celle de Montmelo, dans une semaine, pourra réellement valider. Et ce qu’attend l’équipe, c’est une première étape vers d’autres lents progrès. « Au cours de mes 15 années en Formule 1, je n’ai jamais vu une solution miracle être introduite, où tout à coup on débloque une demi-seconde de performance, donc je doute fort que cela se produise ici », avait prévenu Toto Wolff, à propos de l’échéance originale d’Imola. Alors Monaco… « C’est une épreuve à part mais elle reste une opportunité d’apprendre des évolutions de la W14, et nous devrons être prudent quant aux conclusions que nous pourrons en tirer », relative le boss.
Bref, Mercedes espère réaliser un bond plus qualitatif plus que quantitatif. But avoué selon Toto Wolff : supprimer « certaines variables », « quelque chose que nous ne comprenons pas sur la voiture ». En décodé : éliminer une option de design erronée, qui a pollué l’interprétation du comportement de la voiture, pour repartir sur une base de développement saine, suivant une plateforme plus « stable » selon lui.
Mais encore une fois, les pilotes n’attendent pas monts et merveilles mais une dynamique de progrès pour le reste de l’année et, surtout, des certitudes sur lesquelles s’appuyer pour le design de la W15. « Ça ne va pas changer la face le monde pour nous à court terme, mais j’escompte un pas dans la bonne direction », résume George Russell. Tout le monde se contenterait effectivement bien de ça chez Mercedes.
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