Chronique: La technologie prend l’ascenseur

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Des touches pour sélectionner un étage? Le concept est manifestement dépassé.  © Jason Dent/Unsplash

Des touches pour sélectionner un étage? Le concept est manifestement dépassé.  © Jason Dent/Unsplash

Publié le 17.12.2023

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Notre ascenseur fut indisponible une bonne demi-journée… Mais nous avons survécu à l’inconvénient et n’avons pas été déçus. Désormais, un écran placé à hauteur de visage nous offre un aperçu salutaire de l’actualité. Si je ne suis pas au courant du dernier résultat de Gottéron, je peux combler cette lacune entre le troisième et le deuxième étage, juste avant d’apprendre que Bordeaux a battu Concarneau, information sur laquelle je peine à me faire une opinion, surtout que je ne n’ai pas compris de quel sport il s’agissait. Pas grave, puisque je me suis laissé dire dans la foulée, et juste avant le rez-de-chaussée, que le fils de Christine Lagarde avait perdu de l’argent en investissant sur de la crypto-monnaie… Pour ceux qui n’ont pas pris le temps d’écouter la radio au petit-déjeuner, ces quinze secondes de rattrapage sont impératives, permettent d’atteindre la rue au fait de l’actualité et d’arriver au boulot en disant à la cantonade: «Vous avez vu? C’est fou ce qui arrive au fils de Christine Lagarde.» Avant d’enchaîner sur Bordeaux-Concarneau avec les collègues sportifs.

La météo en un clin d’œil

Plus fort encore, sur une petite ligne en bas de l’écran, les températures attendues et la météo du jour sont indiquées. Moi qui, comme un crétin, allais jusqu’à la fenêtre en quête anachronique du temps qu’il fait. Il me suffit d’entrer dans l’ascenseur pour le savoir. Et de remonter en mode yoyo pour me munir d’une veste ou un parapluie s’il roille ou s’il gèle.

Soyons francs, cet écran est foutrement bien pensé, mieux encore que ceux que l’on trouve dans les bus ou les stations-service. Il y a même une petite cloche. En cas de panne, il suffit d’appuyer dessus d’un index léger. Bon, un bouton avec le même dessin se trouve vingt centimètres à droite, juste au-dessus des touches permettant d’accéder aux étages. L’automatique et le numérique voisinent sans que l’on sache auquel on doit se référer en priorité, si l’on prend contact avec le même service de secours, ou si l’on fait jouer une saine concurrence en appuyant sur les deux à la fois.

Notre époque n’est pas une apologie de l’utilité

Quant à mes filles, pauvres inconscientes dépourvues de montre, elles peuvent ainsi savoir de combien de minutes elles disposent avant que ne sonne la cloche de l’école (guère plus de trois, je le crains), et ce sans avoir à interroger le parcomètre du coin de la rue. (Un parcomètre sert principalement à indiquer l’heure aux gosses, et parfois à leur offrir un peu de monnaie oubliée). Lorsque je leur ai demandé ce qu’elles pensaient de cet écran supplémentaire, elles m’ont assuré que c’était cool mais pas vraiment utile. Je leur ai confirmé que notre époque n’était pas une apologie de l’utilité.

Il me reste donc à remercier ma régie pour cette noble initiative. Grâce à elle, je crains fort d’être contraint d’honorer une vieille résolution: prendre l’escalier.

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