La jeune biotech n’est pas la seule à subir cet effondrement. Son partenaire, le géant américain Pfizer, a vu les ventes de vaccin contre le covid s’effondrer de 83% au deuxième trimestre et son titre perdre 36% de sa valeur depuis le début d’année. En Suisse aussi, ces effets se font ressentir. Roche, impliqué dans la production de tests, a vu les ventes de sa division Diagnostics reculer de 29% au premier semestre.
Dans ce contexte, c’est sans surprise que l’américain Moderna, pionnier de la vaccination ARNm, a lui aussi pris des mesures d’économies. Au deuxième trimestre, le laboratoire du Massachusetts dévoilait une perte de 1,38 milliard de dollars. Il y a deux semaines, il annonçait vouloir réduire sa production, sans donner de détails. Mardi 19 septembre, on apprenait la fin de la fabrication de sa substance active assurée par Lonza sur son site de Viège en Valais.
En mai 2020 pourtant, le spécialiste bâlois de la sous-traitance pharmaceutique signait un partenariat stratégique avec la biotech pour une période de dix ans. Cet accord avait suscité l’enthousiasme, avec l’espoir de faire renaître le site valaisan en figure de proue de cette nouvelle technologie. Trois ans plus tard, la douche paraît froide.
Certes, Moderna possède désormais ses propres capacités de production justifiant cette décision. Certes, Lonza dispose d’autres clients et a conçu ses installations pour être flexible et répondre à différents besoins. Bien sûr enfin, la technologie ARNm est prometteuse: d’autres traitements l’utilisant doivent voir le jour et l’accord n’est pas rompu. Mais le constat est là: Moderna conserve une production externe en Europe, et c’est l’espagnol Rovi qui a été préféré au suisse Lonza. Pour le sous-traitant bâlois, cet événement sonne comme un premier avertissement et pourrait nuire à son image de leader du secteur. D’autant qu’il fait également face à des turbulences internes avec le départ surprise de son directeur, la veille de l’annonce de Moderna.
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