L’entreprise Neuralink a été fondée par Elon Musk en 2016 et celle-ci porte un projet extrêmement ambitieux : fusionner le cerveau humain à l’intelligence artificielle. Pour atteindre ce qui est en réalité le rêve transhumaniste par excellence, elle a développé une interface cerveau machine, nommée BCI (pour Brain Computer Interface). Même si elle n’est pas la première société à développer ce type de technologie (d’autres, comme BrainGate, étaient là avant), Neuralink se distingue par son approche plutôt unique. En effet, l’idée est d’améliorer de manière importante la résolution et la capacité des interfaces et surtout de les appliquer au grand public.
Cette technologie s’appuie sur une puce très sophistiquée et des électrodes, directement implémentées dans le cerveau afin de relier celui-ci à un appareil externe. Après avoir testé ce dispositif sur des animaux, non sans maltraitance, les autorités sanitaires américaines ont donné l’autorisation en 2023 à l’entreprise de tester ses implants sur l’humain. Le 28 janvier 2024, Musk a annoncé sur X.com la première pose réussie d’un implant sur un patient.
La technologie de pointe derrière Neuralink
Le dispositif développé par Neuralink repose sur un réseau d’électrodes, aussi fines que des cheveux, insérées dans le cerveau. Celles-ci sont flexibles – elles peuvent se mouvoir et se plier avec les mouvements du cerveau – et biocompatibles, cela signifie que le matériau à partir duquel elles sont fabriquées est accepté par l’organisme : pas de réactions toxiques ou de réponse immunitaire négative.
Ces électrodes sont capables de lire les signaux neuronaux avec une très grande fidélité. Elles captent l’activité électrique du cerveau de manière très précise, ce qui fluidifie la communication entre le cerveau et les appareils électroniques qui pourront y être reliés par la suite.
Pour implanter les électrodes, Neuralink utilise un robot contrôlé par un chirurgien. Pour commencer, une incision est opérée au niveau du cuir chevelu et le crâne est percé d’un trou. C’est par cet orifice que le robot placera ensuite les électrodes. Bien évidemment, le chirurgien n’opère pas à vue, et il est entièrement guidé par imagerie haute résolution. Une méthode qui lui permet donc de visualiser les structures internes du cerveau en 3D pour ne pas causer de dommages aux tissus organiques lors de l’opération.
Lorsque les électrodes sont posées, elles sont reliées par la suite à un petit dispositif, placé derrière l’oreille, qui transmettra par la suite les signaux entre le réseau d’électrodes et un autre appareil : prothèse électronique, ordinateur ou smartphones.
La puce N1, le cœur de l’innovation Neuralink
Elle est la clef de voûte du système de Neuralink : la puce N1. Sans elle, les signaux neuronaux ne pourraient pas être interprétés et la précision du système BCI serait infiniment inférieure. Il faut la voir comme une espèce de pont entre le cerveau humain et la machine, un traducteur en somme.
Elle est bien sûr conçue entièrement sur mesure et se révèle être un petit chef-d’œuvre de miniaturisation. À l’instar d’un processeur (CPU) d’ordinateur, elle est capable de traiter une vaste quantité de données en temps réel. Ces données sont issues des électrodes qui capturent les impulsions électriques générées par l’activité neuronale.
Apte à gérer jusqu’à 10 000 canaux neuronaux simultanément, elle utilise des algorithmes très avancés pour analyser cet ensemble de données, les filtrer, pour ensuite les convertir en commandes ou informations qui serviront à contrôler des appareils externes. Sa puissance permet donc une interaction très fluide et complètement inédite entre l’homme et la machine.
Pour le patient implanté, cela signifie qu’il bénéficie d’un feedback très précis. Par exemple, cela pourrait lui permettre de contrôler une prothèse bien plus facilement ou même d’améliorer ses capacités cognitives.
Les horizons futurs : quelles applications sont imaginables ?
Le but premier de Neuralink (et des BCI de manière générale) est d’améliorer la vie de patients atteints de troubles neurologiques. Prenons l’exemple d’une personne paralysée suite à une lésion de sa moelle épinière. Cette lésion empêche son cerveau de communiquer correctement avec certaines parties de son corps.
Si le patient bénéficie d’une interface BCI comme Neuralink, les électrodes seraient capables de capter les signaux neuronaux lorsque celui-ci pense à bouger. Ces signaux seraient ensuite transmis à la puce N1, qui les traduiraient ensuite en intentions de mouvement. Ces intentions sont ensuite envoyées sous forme de signaux à des dispositifs externes qui aideraient le patient dans sa vie quotidienne : ordinateur pour de la saisie de texte ou même une prothèse robotisée.
L’amélioration cognitive est aussi une autre application éventuelle de Neuralink, et peut-être celle qui pose le plus de problèmes éthiques. Il ne s’agit plus ici de réparer un organisme, mais bien d’augmenter ses capacités en connectant, par exemple, le cerveau humain à un ordinateur. Une liaison qui pourrait augmenter la puissance de traitement du cerveau, améliorer sa mémoire ou lui faire intégrer des informations directement via la machine.
L’interface BCI développée par Neuralink n’est pas qu’une simple puce, et encore moins un traitement supplémentaire des maladies neurologiques. C’est une innovation qui pourrait radicalement changer le genre humain en brisant les barrières existantes entre le cerveau d’homo sapiens et la machine. C’est une évolution technologique, mais aussi sociétale. On imagine facilement aujourd’hui un avenir plus ou moins proche, où un fossé idéologique se creusera entre les personnes pour et les personnes contre l’existence même de ce genre de dispositif. Un paysage dystopique, où une seule question valable demeurera : le transhumanisme a-t-il pour but d’améliorer l’être humain ou de le remplacer ?
- Le dispositif développé par Neuralink est un BCI, fondé sur un réseau d’électrodes introduit à même le cerveau.
- Ces électrodes captent l’activité neuronale, et transmettent ces signaux à une puce de traitement, la N1.
- Les applications possibles sont nombreuses : soin de maladies neurologiques incurables ou augmentation des capacités cognitives de l’homme.
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