Comment la Chine étend ses Routes de la Soie en Amérique du Sud

Après l’Asie, l’Europe et l’Afrique, les Routes de la Soie chinoises étendent leurs réseaux en Amérique du Sud. Sur la côte Pacifique du Pérou, le conglomérat public Cosco Shipping achève la construction d’un nouveau port en eaux profondes qui devrait recevoir ses premiers cargos et porte-conteneurs d’ici un an. « Le géant Cosco, qui opère déjà 35 ports à travers le monde, disposera alors de sa première implantation en Amérique du Sud et permettra à la Chine de disposer d’un nouveau hub pour ses Routes de la Soie », explique le magazine « Nikkei Asia ».

Lancé en 2019, le chantier représente un investissement de 3 milliards de dollars. Mais Cosco n’est pas venu seul à Chancay, une ville à 55 kilomètres au nord de la capitale Lima, pour bâtir, « en partant quasiment de rien, ce site tentaculaire », décrit le média japonais. « Le projet, mené avec le négociant suisse de matières premières Glencore, implique d’autres compagnies étatiques chinoises pour faire sortir de terre un vaste centre industriel et logistique. »

Du poisson plutôt que du cuivre

Pékin exploite déjà les deux plus grosses mines de cuivre du pays via des entreprises publiques. Mais, bien qu’il soit devenu une matière première essentielle dans les technologies de transition écologique et que la Chine soit l’un de ses principaux acheteurs, « peu de cuivre péruvien devrait passer par Chancay », explique « Nikkei Asia », en rappelant que le Pérou dispose déjà de l’un des plus importants ports commerciaux d’Amérique du Sud à côté de Lima, géré par des rivaux de Cosco, le danois A.P. Moller-Maersk et la compagnie de Dubaï DP World.

« La priorité de Cosco est de construire des infrastructures pour le transport de conteneurs et de produits agroalimentaires. L’entreprise cherche surtout à gagner des parts de marché sur le transit transpacifique vers l’Amérique latine, peu importe que le port soit rentable ou non. »

Peter Sand, analyste chez le consultant spécialisé Xeneta, souligne que « Cosco et la Chine visent moins un succès commercial et financier qu’une stratégie globale de long terme ». « Si les plans se déroulent comme prévu, Chancay deviendra un hub pour les exportations chinoises par conteneurs vers tout le continent », affirme-t-il. Et un nouveau noeud dans la toile des Routes de la Soie, pour permettre à Pékin de se créer de nouveaux débouchés commerciaux pour ses entreprises, d’améliorer l’acheminement de ses marchandises et de sécuriser son accès aux ressources énergétiques cruciales.

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