Comment le Swinrun Côte Vermeille veut prouver que des épreuves sportives « écolo », c’est possible

Allier course à pied sur des terrains escarpés et natation en eau libre, c’est le principe du Swimrun, une discipline très en vogue actuellement. Samedi, la 8e édition du Swimrun Côte Vermeille (5 courses au programme dont un ultra sur 63 km avec 2 500 m de dénivelé positif) se déroulera dans un cadre idyllique, le long du littoral, entre la baie de Cerbère et la plage du Racou d’Argelès-sur-Mer, en passant par le Cap Béar.

Au-delà du défi sportif, les concurrents traverseront six sites Natura 2000, le parc naturel marin du golfe du Lion et la réserve naturelle marine de Cerbère-Banuyls. Pour préserver l’environnement, les organisateurs se sont imposés, dès le début, une démarche en matière d’écoresponsabilité. 1 100 participants (sous forme de binôme), dont l’ancien nageur Camille Lacourt, sont inscrits cette année.

« Comme on ne traverse que des sites préservés et protégés, il était donc indispensable de mettre des quotas et de les faire valider par toutes les institutions. Ce quota de 1 100 concurrents est immuable, ce pour des raisons environnementales et sécuritaires. Il faut notamment éviter l’érosion et le piétinement. » Cette année, 530 binômes ont ainsi été refusés. « Économiquement ce serait plus facile d’augmenter le nombre de participants, mais ça ne fait partie ni de l’ADN de la course, ni des valeurs qu’on prône, explique Sylvain Rousselat, co-organisateur de l’événement. L’idée n’est pas d’accueillir le plus de monde possible, mais de respecter les sites traversés et les acteurs locaux. »

Le tracé, sur « un site magique car protégé par des institutions qui œuvrent toute l’année », répond aussi à des critères très stricts. « L’évènement est bien accepté, certainement parce que dès le début on a expliqué notre démarche, celles de sportifs qui aiment la nature, poursuit Sylvain Rousselat. Un sportif qui évolue dans des sentiers ne laisse pas de déchets, quand il en voit, il les ramasse. »

Le parcours est donc co-construit, prouvant qu’il est possible d’évoluer sur des sites protégés si on les respecte. « On est venu avec nos idées, des dossiers montrant qu’on pouvait avoir un impact positif, les institutions nous ont fait bénéficier de leur expertise. » 43 espèces de faune et flore ont été ainsi répertoriées. « On n’est pas seulement consommateurs de l’épreuve. On a étudié les périodes de gestation, l’impact qu’on pouvait avoir sur elles, détaille l’organisateur. Déranger certaines espèces à certains moments de l’année peut être préjudiciable, on se doit donc de les respecter. »

Une exclusion possible en cas de manquement à la règle

Les organisateurs l’assurent. « On ne passe que dans des zones où nous avons obtenu l’autorisation, on ne fait pas de hors sentiers car ça favorise l’érosion. » L’effort environnemental ne s’arrête pas là : une vingtaine de points de collecte de déchets visibles et adaptés sont disposés au sein du parcours, soit un tous les 3,5 km à 4 km, avec, une première sur un événement sportif en France, des conteneurs permettant de trier directement les déchets.

« Une green team » de treize binômes qui participent à la course vérifie si aucun déchet n’a été jeté par terre. En cas de manquement à la règle, les concurrents peuvent s’exposer à l’exclusion. Le balisage est non invasif, grâce à des bombes de marquage biodégradable et des pancartes en bois de récupération. En mer, les bouées utilisées sont « d’ancrage écologique », là encore, une grande première pour un événement sportif. « Nous les installons seulement pendant cinq jours, ce qui permet de n’avoir aucun impact sur la partie aquatique ».

Enfin, les concurrents sont invités à emprunter les 16 navettes mises à leur disposition. « Chaque année, on se demande comment faire encore mieux pour qu’on consomme moins, même si ça complexifie l’organisation. Chaque année, on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Si un jour on rend le site avec des dégradations, on nous refusera l’accès l’année suivante, c’est ce qu’on explique aux participants qui jouent le jeu » À l’heure où le ministère des sports établi une charte des événements sportifs en matière environnementale et alors que Paris 2024 entend organiser les Jeux les plus durables de l’histoire, le swimrun côte Vermeille a valeur d’exemple. «Nous ne sommes cependant pas des donneurs de leçons, juste des organisateurs qui croyons en des valeurs. »

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