Le 2 août 1997, le chanteur et saxophoniste Fela Kuti mourrait à l’âge de 58 ans. Vingt ans plus tard, l’aura de ce musicien hors norme, créateur de l’afrobeat, reste intacte. À Lyon, le musée des Confluences lui rend hommage ce week-end (10-11 février) avec un concert porté par le batteur Sangoma Everett, entouré sur scène par une dizaine de musiciens dont certains ont joué avec Fela Kuti.
Preuve de l’aura majeure de Fela Kuti, une comédie musicale (« Fela ! ») retraçant sa vie a été créée à Broadway en 2008, chorégraphiée par Bill T. Jones. C’est Sahr Ngaujah qui avait été choisi pour incarner le rôle de Fela. C’est lui aussi que le batteur Sangoma Everett a sollicité pour son projet de « Tribute to Fela Kuti & His Shining Fearlessness » (qu’on pourrait traduire par « Fela Kuti et ses intrépides lumineux ! »).
Le musicien (qui a travaillé avec Dizzy Gillespie, Clifford Jordan, Steve Grossman et bien d’autres) a réuni 10 « pointures » autour de lui. Parmi eux, le claviériste Dele Sosimi, qui a joué dans le goupe Egypt’80 fondé par Fela et qui collabore avec Femi, un de ses fils. Pour lui, la musique et les textes de Fela ne sont pas dépassés, bien au contraire : « Nous avons un répertoire avec un contenu social politique et humain qui est encore pertinent aujourd’hui, même si cela a été écrit entre annés 70 et 80. »

Autre preuve de l’engouement qui perdure pour Fela Kuti : à l’origine, un seul concert devait être proposé au musée des Confluences, le 11 février. Mais il a affiché complet en peu de temps. Une autre date a donc été ajoutée (le 10 février) !
Reportage pendant les répétitions : France 3 Rhône-Alpes – S. Adam / T. Swiderski / A. Saboureau
Outre son génie musical, Fela Kuti a marqué l’histoire de son pays par ses courageuses prises de position. Corruption, dictature, il n’hésitait pas à dénoncer les injustices, ce qui lui valut séjours en prison, humiliations et tortures. En 1984, sous la dictature militaire du général Buhari (revenu au pouvoir en 2015), il est emprisonné pendant deux ans sous le prétexte d’un trafic de devises.

L’homme était hors-cadre, à tous les niveaux, y compris dans son mode de vie. Fela Kuti était adepte de la polygamie, de la marijuana et des tenues bigarrées. Il est mort en août 1997, à l’âge de 58 ans, des suites du sida. Sa maison à Lagos a été transformée en musée et deux de ses enfants, Femi, son fils aîné et Seun, son cadet, ont repris le flambeau.
« Tribute to Fela Kuti & His Shining Fearlessness »
Musée des Confluences à Lyon
Le 10 février de 12h30 à 13h30 au Grand auditorium, concert d’1h
Le 11 février de 20h30 à 22h00 au Grand auditorium, concert d’1h30
Sangoma Everett, batterie & direction
Sahr Ngaujah, voix
Olivier Ker Ourio, harmonica
Ganesh Geymeier, saxophone
Alain Vankenhove, trompette
Dele Sosimi, claviers
Bastien Brison, claviers
Felix Manuaku, guitare
Karim Addadi, guitare
Mamadou Ba, basse
Edmundo Carneiro, percussions
Philippe Maniez, arrangement
Liliane Dorkenoo, Jessika Mylan et Nadia Bellal, chœur
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