Concerts : comment fonctionnent les nouveaux bracelets lumineux qui se synchronisent avec la musique
Les spectateurs, encore éblouis, le gardent précieusement en espérant, en vain, qu’il s’illumine à nouveau. Incontournable dans les grands shows à l’américaine, le bracelet à ampoules LED rend depuis près d’une décennie les concerts plus participatifs. Le groupe britannique Coldplay en a fait un élément indispensable de ses shows avec « sons et lumières » dans les stades. Taylor Swift ou Blackpink les utilisent également cet été sur leurs tournées mondiales qui passeront par les stades français. Le chanteur canadien The Weeknd en fera également usage lors de son passage au stade de France ce samedi 29 et dimanche 30 juillet.
Pionnière sur le marché des bracelets lumineux dès 2012, l’entreprise britannique Xylobands avait développé, avec l’aide des membres de Coldplay, une technologie de contrôle à distance par radio afin de créer des vagues de lumières parmi les spectateurs. Toujours aussi populaires dans les événements sportifs comme le SuperBowl ou les concerts, ces bracelets continuent d’en mettre plein les mirettes.
Mais récemment, ils ont pris un virage écologique et deviennent étonnamment moins connectés. « Coldplay a été séduit par notre bracelet biodégradable, fabriqué à base de sucre et dont les composants se recyclent », met en avant Vincent Leclerc, cofondateur de Pixmob, une jeune pousse québécoise choisie comme nouveau fournisseur par le groupe pop en 2019. « Les gens pensent que le bracelet comporte un GPS, mais c’est en fait un accessoire tout sauf intelligent, car ce serait trop cher de géolocaliser des milliers de personnes », en sourit le dirigeant.
La technologie simple et basique de l’infrarouge
Pas d’ondes ou de wi-fi à grande échelle, la technologie utilisée repose sur la diffusion d’un signal par l’infrarouge. La vraie innovation se situe dans les transmetteurs dont une trentaine quadrille une enceinte comme le Stade de France. « C’est comme pour la télécommande de la télévision : l’information est envoyée sous la forme d’une trame lumineuse, des ondes invisibles par l’œil humain, et le récepteur la décode grâce à un capteur optique et une puce électronique », explique Nadine Buard, présidente de Iridesense, une start-up spécialisée dans la détection par laser (Lidar). « Il faut utiliser une sorte de grosse lampe que l’on dirige vers la zone à illuminer pour activer le récepteur sur le bracelet » décrypte-t-elle. Celui-ci embarque une dizaine de Leds de trois couleurs ajustables afin d’obtenir la teinte souhaitée et transmise.
Pour être synchronisé avec la musique, tout le système est connecté à la console de mixage. Une partie des animations lumineuses sont aussi pré–codées et le reste est programmable en direct, en fonction des consignes données par l’artiste pour dynamiser la foule. La technologie de répartition des couleurs est la même que celle utilisée pour l’éclairage de la scène.
« L’avantage d’une transmission par la lumière comparée à un signal radio est de ne pas créer de latence et elle ne plante jamais », complète Vincent Leclerc de Pixmob. C’est pourquoi les bracelets peuvent scintiller de manière coordonnée et ultra–rapide. Le tout, sans avoir besoin de beaucoup d’énergie ou de puissance de calculs.
« C’est vraiment de la low-tech dans le bracelet qui comporte un processeur de 18 Bits, digne d’une calculatrice et des piles Alcaline, capable de tenir trois spectacles », détaille Vincent Leclerc de Pixmob. L’accessoire est ensuite recyclé par un spécialiste local : « Il ne sert à rien à la maison ». D’autres entreprises comme les Néerlandais des CrowLed se sont lancés dans ce business prometteur. D’ailleurs, on pourrait bien voir ces bracelets illuminer les enceintes des JO de Paris 2024.
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