Coopération, transfert de technologie, nouveau Scorpène… Comment Naval Group a raflé la mise en Indonésie
Publié le
Un peu moins de trois semaines après avoir vendu quatre sous-marins aux Pays-Bas, la France a finalisé ce mardi 2 avril 2024 la signature d’un contrat pour deux Scorpène à l’Indonésie.
Le montant n’est pas indiqué, mais devrait se chiffrer à plusieurs milliards.
L’aboutissement d’un long processus
En février 2022, la ministre des Armées de l’époque, Florence Parly, annonçait l’achat de 42 avions Rafale par l’Indonésie. Ce jour-là, elle indiquait que le pays souhaitait acquérir des sous-marins de classe Scorpène conçus par Naval Group.
Si aucune commande n’est encore passée, un accord de coopération signé l’année précédente entre le concepteur de sous-marins français et l’entreprise PT PAL, la plus grande entreprise de construction navale indonésienne souligne un peu plus la vigueur des liens entre les deux pays.
L’Indonésie souhaitait renouveler une flotte sous-marine actuellement constituée d’un 209-1 300 construit par HDW et trois 209-1 200 de conception allemande et réalisés par le Coréen Daewoo.
Cette mesure témoigne de l’engagement et de la confiance du gouvernement indonésien dans la capacité des ingénieurs locaux à faire progresser la technologie de la défense, en particulier celle des sous-marins.
Des conflits territoriaux opposent l’archipel à la Chine notamment, dans un contexte géostratégique qui pousse de nombreux pays de cette zone à renforcer leurs capacités de défense. La France entendait bien y être présente, malgré l’échec retentissant du contrat noué (puis cassé) avec l’Australie.
Le marché des sous-marins conventionnels est très captif. En plus de l’Indonésie, des discussions sont en cours avec la Malaisie et les Philippines.
La carte du nouveau Scorpène
Bâtiment polyvalent, taillé pour la lutte sur et sous la surface, les opérations spéciales aussi bien que les missions de renseignement, le Scorpène reste une référence à l’exportation (même si c’est avec le Barracuda que Naval Group a remporté le contrat néerlandais).
Si les premiers designs de ce sous-marin remontent à une trentaine d’années, il n’a cessé de bénéficier d’améliorations et des technologies développées pour les programmes nationaux.
S’il a toujours paru faire course en tête en Indonésie, face à une concurrence qui reste aux aguets, l’industriel français avait choisi d’adapter son offre de Scorpène. Celui propose à la puissance asiatique un sous-marin dit Evolved, équipé de batteries lithium-i-on.
Celles-ci, selon Naval Group, permettraient des performances accrues (à même de venir flirter avec celles des navires à propulsion nucléaire) et une maintenance allégée pouvant être rechargée en mer.
Dans cette configuration, le navire serait désormais en mesure de tenir la mer pendant 80 jours, en immense majorité immergé.
Plus légères et d’une capacité de stockage plus importante que les batteries classiques plomb-acide, elles offrent un rayon d’action en plongée profonde accru en discrétion comme en sécurité, et des temps de recharge considérablement réduits.
Transfert de technologie
Le contrat comprend la livraison de deux sous-marins Scorpène Evolved. Ils seront construits en Indonésie au sein du chantier naval PT PAL, grâce à un transfert de savoir-faire et de technologies de Naval Group. « À l’avenir, l’Indonésie devrait être en mesure de maîtriser la technologie sous-marine », indique Kaharuddin Djenod.
L’exploitation et la maintenance des sous-marins seront assurées sur place, par des acteurs indonésiens..
Avec le Scorpène Evolved Full LiB, l’Indonésie a choisi un sous-marin performant et éprouvé en mer qui renforcera la souveraineté maritime du pays. Outre les sous-marins, notre partenariat stratégique avec PT PAL permettra également à l’industrie de défense indonésienne de préparer activement l’avenir du combat naval. Nous sommes heureux d’accueillir la marine indonésienne dans la famille Scorpène.
Dans le cas du Chili et de la Malaisie, les sous-marins avaient été construits par les équipes cherbourgeoises. Pour l’Inde et le Brésil, il y avait eu un transfert de technologies vers ces deux pays.
Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.