« La France dispose d’un des patrimoines liquides les plus complets du monde ! On n’aurait pas assez d’une vie pour en faire le tour », plaisante Timothée Badie.
Avec son associé Matthieu Henry, l’entrepreneur a créé en septembre 2019 Côquetelers afin de mettre en avant la richesse des régions françaises en matière de spiritueux.
L’entreprise basée à Colombes (92) embouteille et vend sur internet et à des bars et cavistes du calvados, de l’armagnac, et autres absinthe de Pontarlier. Les alcools sont achetés à des distilleries artisanales de toute la France, puis conditionnés et étiquetés dans leur atelier du 18ème arrondissement de Paris.
Un embouteilleur au sens large
Les deux entrepreneurs revendiquent une vision extensive du métier d’embouteilleur. « Le terme peut porter à confusion, mais dans le monde du rhum et du whisky, cela consiste aussi à savoir sélectionner les fûts et les cuvées. Nous sommes donc des dénicheurs de pépites », insiste Thimothée Badie.
« Nous avons fait le choix de ne pas demander aux distilleries avec lesquelles nous travaillons d’embouteiller les spiritueux, explique Thimothée Badie. Cela serait un enfer logistique et impliquerait des coûts importants d’envoyer des bouteilles vides pour qu’elles soient ensuite remplies. »
Ce mode de fonctionnement permet à Côquetelers de faire preuve de plus de flexibilité, et de travailler sur de petits volumes. « Les grossistes peuvent demander aux bars des minimums de commandes de plusieurs dizaines d’unités. De notre côté, on embouteille quasiment à la demande », détaille Thimothée Badie.
A Paris, où l’entreprise compte 40 % de ses clients en BtoB, les livraisons se font en 24 heures, en vélo-cargo. En province, la start-up fait appel au distributeur en spiritueux François Lurton, qui livre les bars et clients.
Se former pour mieux créer
Passionnés de spiritueux, les deux entrepreneurs étaient relativement étrangers au monde de la production d’alcool avant de lancer leur affaire, malgré une formation en mixologie pour Thimothée Badie.

« Au départ, nous voulions ouvrir une cave de spiritueux. Pour mieux comprendre notre produit, nous sommes partis faire un tour d’Europe des distilleries en 2019. L’objectif était de former nos palais et devenir experts de la dégustation », se souvient Timothée Badie. En trois mois, les deux compères traversent 12 pays parmi lesquels l’Italie, l’Ecosse ou la Pologne, pour une centaine de distilleries visitées. L’idée de proposer le meilleur des spiritueux français germe sur la route.
« Nous construisons notre catalogue en respectant la saisonnalité, assure Timothée Badie. Nous réfléchissons à des senteurs qui pourraient correspondre à un moment de l’année. Puis, nous contactons les distilleries qui produisent le spiritueux en question et on se rend sur place pour goûter le produit. » La marque permet ainsi à des producteurs en manque de visibilité de trouver de nouveaux débouchés commerciaux.
Du BtoC au BtoB
Thimothée Badie et Matthieu Henry ont d’abord lancé Côquetelers sur fonds propres, et avec un accompagnement du
Réseau Entreprendre
. En 2021, ils ont levé 200.000 euros en
crowd equity
, auprès d’investisseurs proches, pour un chiffre d’affaires tournant autour des 300.000 euros sur l’année écoulée, dont 30 % via la boutique en ligne. Sur l’année 2021, l’entreprise a écoulé 13.000 bouteilles, dont 75 % à des professionnels.
Ils ne comptent qu’un seul employé en
alternance
, chargé du développement commercial de la marque. Thimothée Badie et Matthieu Henry se chargent donc toujours de l’embouteillage et du conditionnement des spiritueux.
D’ici quelques années, Côquetelers espère pouvoir ouvrir son propre point de vente sous la forme d’une cave à spiritueux. Le duo d’entrepreneur souhaite s’inspirer des brewpubs américains, qui brassent de la bière artisanale et la servent aux clients dans un seul et même lieu : « On y pense depuis les premiers jours. Nous aimerions être les premiers à distiller nos propres spiritueux à Paris ».
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