Le Carré Davis vibre au bruit des boules en acier qui s’entrechoquent et des cochonnets, dans le stationnement adjacent au quartier général du Service de police de Saguenay, transformé en 74 terrains de pétanque grâce au dépôt de 117 tonnes de poussière de pierre. Samedi, le triplette (trois joueurs) est en vedette, alors que le doublette (deux joueurs) est à l’horaire dimanche.
Parmi les quelque 300 joueurs présents, d’un peu partout au Québec, on compte sur la présence de Maryse Bergeron, qui a «environ 40 titres canadiens» derrière la cravate. Intéressant palmarès, n’est-ce pas? Aujourd’hui âgé de 51 ans, elle a commencé à jouer à la pétanque à l’âge de 14 ans. Depuis, elle n’a jamais arrêté.
«J’ai gagné le premier tournoi que j’ai joué, celui organisé lors de l’épluchette de maïs des Chevaliers de Colomb. Mon père était membre et je m’étais inscrite en compagnie de ma mère. Je n’avais jamais joué avant ça», a expliqué la sympathique dame.
Ayant joué du badminton de haut niveau lorsqu’elle était plus jeune, la native de Victoriaville, mais qui réside maintenant à Québec, a pu mettre en pratique ses aptitudes sur les terrains de pétanque. «J’ai joué au badminton, à la balle molle, au baseball et au basketball, dont tous ces acquis durant ma jeunesse se sont transférés à la pétanque», a observé celle qui compte huit médailles à l’échelle internationale au cours de sa faste carrière.
Une carrière qui tire à sa fin, a convenu Maryse Bergeron, qui met toute la gomme sur chacun de ses lancers.
«J’y mets encore de l’énergie, mais il me reste quelques bonnes années, pas plus. C’est demandant physiquement et j’ai une technique qui demande beaucoup d’effort», a-t-elle indiqué.
Direction les Mondiaux
Autre joueur de haut niveau à passer la fin de semaine à Arvida, Yvon Lemelin a de précieux billets d’avion dans sa valise. En milieu de semaine prochaine, il s’envole au Bénin, en Afrique de l’Ouest, pour participer au Championnat mondial de pétanque, du 8 au 17 septembre. À Cotonou, plus précisément, où 38 pays seront représentés.
Originaire de Lévis, M. Lemelin aura l’occasion de devenir trois fois champion du monde puisqu’il est inscrit en simple (tête-à-tête), en doublette en triplette. Présent à la Coupe du Québec, dernier grand tournoi de la saison dans la province, il n’aurait pas plutôt cru bon de se reposer avant le grand voyage?
«C’est ce que mon ami m’a suggéré!», a-t-il répondu, modeste malgré ses belles performances sur les allées de pétanque. Le plaisir et la camaraderie semblent être à la base de ses résultats.
«Le plus important, c’est de ne pas se faire ch…», a-t-il badiné, entouré de ceux qu’il apprécie, semaine après semaine.
«On passe du temps entre amis et en plus, on réussit à bien performer», a indiqué Yvon Lemelin.
La Coupe Stanley de la pétanque
Président du club La boule saguenéenne, club organisateur de la Coupe du Québec de pétanque, Éric Dion veillait à ce que tous les participants ne manquent de rien, lors du passage du Quotidien, samedi midi. L’idée d’organiser le dernier tournoi de la saison, qui est «un peu l’équivalent de la Coupe Stanley de la pétanque au Québec», lui est venue dans un désir d’offrir un niveau de jeu relevé à ses quelque 160 membres.
«Je voulais faire vivre à mon club et à nos joueurs une expérience provinciale, a soulevé M. Dion. Je participe à des événements un peu partout au Québec, mais je suis pratiquement le seul du club qui fait ça. C’est une façon de donner le goût à nos membres de se promener.»
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on compte environ 750 joueurs de pétanque affiliés à Pétanque Québec, la fédération qui chapeaute les plus importants tournois. Éric Dion est d’ailleurs le vice-président, tandis que la présidence est assurée par Alex Bendi, un ancien top-5 aux Mondiaux, en 2001.
«Éric a fait un bon travail avec son équipe de (35) bénévoles, tout est bien organisé, il y a plus d’allées que prévu, il y a des coins d’ombres. Tout est bien», a assuré M. Bendi.
Le site de compétition, improvisé pour la fin de semaine grâce au déchargement de toute cette poussière de pierre, a comblé les attentes d’un point de vue logistique. La qualité des surfaces de jeu a toutefois rencontré de légères critiques, surtout en raison d’une trop importante quantité de gravier qui aurait été déposée sur l’asphalte. Rien pour compromettre de chaudes luttes entre les différentes formations, toutefois.
«La beauté de la pétanque, c’est que tu peux jouer n’importe où, sur tout terrain improvisé, a relativisé Alex Bendi, bon joueur. Ensuite, l’adaptation aux conditions va se faire de façon plus ou moins rapide, selon le niveau de chaque joueur.»
Pétanque 101
La pétanque se joue en simple, en double ou en équipe de trois, idéalement, et il s’apparente en quelques points au curling. Un joueur (en simple) ou une équipe a six boules, et le but est de s’approcher le plus près du cochonnet, la petite balle en caoutchouc. Celle-ci est lancée et placée par une ou l’autre équipe au début de chaque manche, sur une distance de six à dix mètres du lieu de tir, selon les règlements officiels.
Le pointeur doit ensuite lancer une boule près du cochonnet et cette première boule devient en quelque sorte un point de repère pour les joueurs en action. Le tireur a le mandat de s’approcher de la boule du pointeur et du cochonnet, mais il doit également déloger les boules adverses trop près de l’objectif, qui risqueraient de marquer un point. Certains joueurs sont plus à l’aise dans le rôle de pointeur ou de tireur, mais ils partagent généralement les tâches.
Une partie de pétanque se joue au total des 13 points, mais pour une question de roulement efficace, la Coupe du Québec tenue à Arvida a utilisé un système de chronomètre pour éviter que les duels ne s’étirent trop.
«J’ai déjà joué un match de trois heures», a d’ailleurs mis en contexte Alex Bendi, président de Pétanque Québec depuis six ans.
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