Son atelier est un immense bois au nord de Pau, plus connu sur sous le nom de « forêt de Bastard ». Le sculpteur Sébastien Riou a trouvé un coin de paradis à ciel ouvert. Dans ce monde mouvant, où se croisent bêtes et hommes, oiseaux et cavaliers, salamandres et châtaigniers, l’artiste taille pour l’éternité. C’est ici où il se sent le mieux : être au grand air, respirer, se sentir vivant.
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Son atelier est un immense bois au nord de Pau, plus connu sur sous le nom de « forêt de Bastard ». Le sculpteur Sébastien Riou a trouvé un coin de paradis à ciel ouvert. Dans ce monde mouvant, où se croisent bêtes et hommes, oiseaux et cavaliers, salamandres et châtaigniers, l’artiste taille pour l’éternité. C’est ici où il se sent le mieux : être au grand air, respirer, se sentir vivant.

L’artisan autodidacte utilise une scie électrique, moins bruyante. Il travaille habituellement avec des outils manuels.
Jean-Christophe CHARTRE/SUD OUEST
L’artisan du bois, originaire d’Auxerre, achève une œuvre commandée par l’Office national des forêts (ONF) qui gère cette forêt domaniale de 300 hectares, poumon vert de l’agglomération paloise. Elle était présentée au public, dans le cadre de la Fête de la nature ce samedi 27 mai. Chaque année, des animations sont organisées pour apprendre à connaître les secrets et les richesses de ce massif entièrement piéton, façonné par les sentiers, autrefois plaine marécageuse, aujourd’hui espace naturel sensible.

Des outils de travail du bois anciens.
Jean-Christophe CHARTRE/SUD OUEST
Sujet engagé

Il faut une semaine de travail à l’artisan de 43 ans pour réaliser cette œuvre.
Jean-Christophe CHARTRE/SUD OUEST
Dans un coin atypique, une silhouette se dessine. Celle d’un ours, pas très grand, mais majestueux. Ce pantin de bois, inachevé, imparfait, regarde droit devant lui ou peut-être derrière, vers le passé, quand il fut maître de ces lieux avant d’être chassé plus haut vers les montagnes. Le thème de l’ours était une évidence pour Sébastien Riou : « Tout le monde n’est pas d’accord avec sa présence, mais il fait partie du monde de la nature, il est là, on ne peut pas le nier : il a sa place. »
« L’ours fait partie du monde de la nature, il est là, on ne peut pas le nier : il a sa place. »
Redonner un peu d’oxygène à ceux qui l’ont perdu : on prend soin des victimes, des bêtes noires. La première sculpture de Sébastien Riou dans le bois de Pau représentait un cagot. Ces intouchables du Moyen-Âge qui, pendant près d’un millénaire, ont été mis au ban de la société. « À cause de leur physique, vous vous rendez compte ? » Derrière le sentiment d’injustice, la voix trahit de la tendresse pour ces mal-aimés.
Travaillés après la coupe
Un petit atelier expose en plein air les outils d’autrefois pour travailler le bois à la main. Des dizaines de haches, de scies, de planes, de rabots, de ciseaux pour tracer, tailler, frapper et donner vie dans la simplicité du geste. Les bois travaillés sont tout aussi variés : cerisier, poirier, noyer, platane ou encore tilleul. Chacun a sa propriété et sa singularité mais tous sont travaillés « verts », c’est-à-dire après la coupe, comme autrefois. C’est toute une tradition que transmet ce Bourguignon depuis une dizaine d’années grâce à son association Les Lutins de l’art.
Cette fois-ci, l’ours endosse le costume d’un vieux chêne rouge d’Amérique, condamné par la maladie de l’encre. « Comme il était attaqué par les champignons, il risquait de contaminer les autres arbres. L’ONF l’a coupé à deux mètres, en forme de rectangle », explique l’artisan autodidacte. « Je me suis retrouvé avec ce tronc à tailler, j’y ai tracé la silhouette de l’ours et j’ai commencé à faire ressortir la forme, de face et de profil. Maintenant, c’est le peaufinage, j’arrondis les angles. »
Après une semaine de travail, l’ours régnera de nouveau sur la forêt de Bastard, aujourd’hui occupée par les runners. L’an prochain, un lynx, un loup ou une chouette pourraient bien sortir du bois…
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