Une dénonciation anonyme, adressée au ministère de l’Intérieur, a mis au jour ce réseau de visas illégaux. De 2016 à 2018, le prévenu, jugé ce mardi 21 novembre en procédure de plaider-coupable par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, s’est fait « grassement payer », souligne la présidente, pour avoir aidé à l’entrée, à la circulation et au séjour irrégulier d’étrangers en France. Entre 8 000 et 10 000 € pour chaque Irakien qui déboursait de l’argent pour obtenir des papiers plus facilement. Au moment des investigations, l’homme de 41 ans détenait et faisait circuler de très importantes sommes d’argent qui ne collaient pas avec sa vie « officielle ».
Des vacances… au titre de séjour
Le réseau était complexe, les petites mains et les modes opératoires nombreux. Le travail des enquêteurs a prouvé les passe-droits, « des gens payés au consulat pour accorder des visas, pour donner des rendez-vous et faire passer des gens en haut de la liste », résume la présidente. Des complices, il y en avait dans des agences de voyage irakiennes. Il fallait ça pour obtenir les visas touristiques et faire entrer ces familles sur le sol français. Ensuite, le réseau s’occupait de tout : le trajet depuis l’aéroport, la redirection vers des services d’hébergement, puis les faux nécessaires pour transformer les vacances en demande de titre de séjour.
« Elle tenait un carnet comme un trafiquant de stup’»
On ignore le montant total des sommes engrangées, ainsi que le nombre de familles qui ont bénéficié de ce système. L’homme a reconnu tous les faits qui lui sont reprochés. Sa sœur, jugée le jour même par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, les nie en bloc. On lui reproche d’avoir participé à caler les rendez-vous au consulat, de n’avoir pas déclaré une somme de 2 300 dollars ainsi qu’une voiture, et d’avoir falsifié des documents. « Elle tenait un cahier de rendez-vous comme un trafiquant de stup’», relève la procureure. La prévenue, elle aussi originaire d’Irak, est bien intégrée, sans antécédents ; elle explique qu’elle n’a fait qu’obéir au grand frère.
Prison avec sursis
Les écoutes ont prouvé sa participation et son compte bancaire servait au trafic. « Tout le monde a reconnu qu’elle faisait de fausses attestations, allait chercher les gens à l’aéroport et faisait de la sous-location », pointe la présidente. Née en 1992, elle a finalement été relaxée par le tribunal des faits de faux et de non-déclaration de la somme d’argent et de la voiture. Mais reconnue coupable, comme son frère, d’aide à l’entrée et à la circulation d’étrangers. Elle a été condamnée à 6 mois de prison avec sursis. Le frère, lui, a écopé de 14 mois de prison avec sursis probatoire, d’une obligation de travail, d’un stage de citoyenneté et d’une amende de 17 500 €.
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.