Dans les coulisses de la recherche (3/6). Ils tirent sur des cailloux au laser pour retracer leur histoire
Biologie : les lasers pour exterminer des parasites
Des systèmes lasers ont également été développés pour servir le domaine de la biologie. Marie-Jeanne Perrot-Minnot travaille sur les gammares, des petits crustacés d’environ 1 cm de long vivant dans nos rivières, bien connus des pêcheurs. Ils font partie du « cycle de reproduction d’un parasite intestinal de poissons ou d’oiseaux d’eau (un ver de quelques millimètres) qui, selon son stade de développement, loge dans différentes hottes ». Si nous prenons l’exemple du poisson : les œufs du ver sont « évacués par ses voies naturelles » et partent dans l’eau. Les gammares consomment accidentellement les œufs avec les feuilles en décomposition et le parasite va s’y développer jusqu’à ce qu’il soit consommé à son tour par un canard ou un poisson. La boucle est bouclée.
« Suivant les phases, le parasite va induire des modifications de comportement sur le gammare qui semblent maximiser les chances de boucler son cycle de vie », explique Marie-Jeanne. « Dans la phase de développement du parasite, le gammare infecté va avoir tendance à se cacher sous les cailloux, à fuir la lumière et à rester au fond de l’eau, ce qui diminue les risques de prédation. À l’inverse, une fois arrivé à maturité, le parasite augmente certains comportements « à risque » chez le gammare et ainsi, sa propre transmission au poisson ou au canard (selon l’espèce de parasite). Est-ce que ce comportement modifié est définitif ou s’il s’agit d’un contrôle en temps réel ? Pour le savoir, il faut « neutraliser » le parasite dans son hôte. Mais celui-ci étant très petit et très résistant, cette opération est relativement compliquée ».
L’idée est alors venue de l’éliminer grâce à un laser. « On va faire un premier tir sur le gammare anesthésié, pour faire un trou au moins cent fois plus petit qu’une tête d’épingle, et accéder au parasite. » D’autres tirs auront ensuite pour objet de « transmettre un maximum d’énergie dans le parasite pour qu’il ait trop chaud et meurt ». Ces expérimentations ont déjà donné des réponses. « On voit que le gammare, dont le parasite a été tué par le laser, garde le comportement induit par ce dernier. Cela veut dire qu’il y a des modifications non réversibles au niveau neuronal. Et peut-être également sur la descendance. » Cette dernière donnée n’a pas encore été démontrée, mais fait partie des travaux en cours.
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