dans les Deux-Sèvres, des jumeaux culturistes garantis sans anabolisant

Nathan et Théo Joncheraye sont nés il y a vingt-cinq ans. Pas facile de les différencier lorsqu’ils sont côte à côte, comme il en va souvent avec des jumeaux monozygotes, les « vrais » jumeaux. Mêmes traits du visage, même taille (1,67 mètre), même timbre de voix, même façon de marcher… Seules des coupes de cheveux légèrement distinctes permettent de ne pas commettre d’impair en s’adressant à eux.

A Thouars (Deux-Sèvres), où ils sont revenus vivre après leurs études en Bretagne, Nathan et Théo pratiquent, de concert, une discipline sportive qui ne vient qu’accentuer leur mimétisme gémellaire : le bodybuilding. Dotés d’abdominaux, de pectoraux et autres trapèzes totalement analogues, en apparence, les deux frères donnent encore plus l’impression d’être sortis du même moule. Il faut un œil averti pour certifier que l’un a des épaules plus sculptées que l’autre ou des cuisses plus galbées.

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A Montargis (Loiret), où ils participaient à leur tout premier concours de culturisme, samedi 7 octobre, les juges ont pourtant dû les départager. Nathan s’est classé quatrième et Théo cinquième, sur neuf concurrents, dans la catégorie « poids légers ». Un meilleur séchage musculaire – étape indispensable, qui succède à la prise de masse – a donné un léger avantage au premier, également plus à l’aise dans le posing, l’art d’enchaîner les postures imposées comme le « double biceps de face » ou le « vacuum de l’estomac ». Après leur passage sur la scène du Théâtre Tivoli, plusieurs spectateurs et adversaires sont venus échanger avec eux pour dire leur fascination devant cette prestation de dédoublement anatomique.

Pour leur duo, les Deux-Sévriens ont pris le temps de s’aguerrir. Poussés à faire du sport par leurs parents – mère professeure de collège, père métreur dans le BTP –, Nathan et Théo ont multiplié les activités en club pendant leur enfance, passant du karaté à la natation, du foot au tennis, avant de se spécialiser, séparément, dans le handball pour l’un, dans le BMX pour l’autre. « Avoir enchaîné les disciplines a fait que nous n’avons jamais été vraiment bons dans aucune », regrettent-ils d’une même voix. La « muscu » est venue à eux en 2015 à travers les vidéos de Thibaud Delapart, alias Tibo InShape, un youtubeur à forte audience spécialisé dans l’initiation au bodybuilding. Obtenir « une structure physique convenable » est alors devenu leur objectif commun.

« On partage tout »

Titulaires d’un DEUST « métiers de la forme » obtenu à Rennes en 2019, ils travaillent aujourd’hui à 100 mètres l’un de l’autre dans une zone commerciale de Thouars – Nathan comme coach d’une salle de remise en forme, Théo dans un magasin d’articles de sport en tant que technicien vélo. S’ils font logement séparé, pas un jour ne passe sans qu’ils ne se voient ou ne s’envoient des textos. « On est très connectés, confient-ils. On a essayé de se séparer il y a quelque temps mais cela n’a pas marché. La période actuelle est la meilleure que nous ayons jamais vécue : on partage tout. » En premier lieu : les souffrances quotidiennes autour de ces outils de torture que sont les bancs de musculation.

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